Fabien Galthié a affronté une fois le Japon en tant que joueur, et ça n'avait pas été une partie de plaisir
Samedi au stade National de Tokyo (10h40 heure française), le XV de France va croiser pour la neuvième fois de son histoire la sélection du Japon en rencontre officielle. Si la victoire a été au bout sept fois sur huit (il y a eu match nul 23-23 en 2017 à Paris-La Défense Arena), certaines d’entre elles ont été plus poussives que d’autres. Celle de 2003, lors du deuxième match de poule de la Coupe du monde en Australie (51-29), fait partie de ces succès mitigés.
C’était aussi la seule fois où Fabien Galthié, actuel sélectionneur des Bleus, a affronté le Japon. À 34 ans, il tirait alors ses dernières cartouches de joueur, quatre mois après avoir disputé son dernier match de club avec le Stade français, qui n’était autre que la finale du Top 14 brillamment remporté par les Parisiens (32-18). Le sélectionneur d’alors, Bernard Laporte, lui avait confié le capitanat du XV de France pour ce dernier défi à l’autre bout de la planète.
Un départ canon puis un gros trou d’air
Après avoir écrasé les Fidji lors de leur premier match (61-18), les Bleus de Galthié abordaient ainsi cette deuxième rencontre face au Petit Poucet de la poule avec beaucoup de confiance. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Après avoir encaissé les premiers points de la partie sur pénalité, les Français ont réagi dans la foulée avec un essai du jeune ouvreur Frédéric Michalak, servi par son aîné et partenaire de la charnière Fabien Galthié. Et lorsqu’ils ont doublé la mise avant même la dixième minute de jeu, on voyait les Japonais bien partis pour prendre une rouste mémorable.
L’histoire fut différente. Retombés dans un faux rythme, les Bleus ont permis à leurs adversaires de revenir dans le match, se faisant transpercer plein axe par le trois-quarts centre né en Nouvelle-Zélande George Konia. Ils ont même peiné à terminer cette drôle de première mi-temps, conclue par une pénalité concédée par Fabien Galthié au sol et marquée par l’arrière Kurihara pour un score étonnant à la pause de 20-16.
Il y avait pourtant du très beau monde sur la pelouse du stade de Townsville côté français : Bru, Pelous, Brouzet, Magne, Betsen, la charnière cinq étoiles Galthié-Michalak, les perce-murailles Marsh et Traille au centre, le bulldozer Rougerie en bout de ligne et les électrons libres Dominici et Poitrenaud pour compléter le triangle arrière… que du lourd ou presque pour cette équipe de France vice-championne du monde.
Une piqûre de rappel pour les vice-champions du monde français
Des stars qui ont tout de même bien douté lorsque le Japon est revenu à un point en début de seconde période (20-19), suite à une pénalité obtenue après une passe dans les chaussettes de Galthié en sortie de ruck. Au pied du mur, le XV de France s’est heureusement redonné de l’air assez vite avec un essai en force de Pelous et un peu plus encore après une combinaison commandée par Galthié sur une mêlée près de l’en-but japonais et conclue par Dominici.
Les Bleus, qui ont encaissé un nouvel essai mi-casquette mi-magnifique, ont fini par gagner cette rencontre plutôt confortablement grâce à une dernière réalisation du pilier Jean-Jacques Crenca. Pas suffisant néanmoins pour dissiper cette impression globale d’avoir été bousculé par beaucoup moins fort sur le papier. Légèrement piqués dans leur orgueil, les partenaires de Fabien Galthié remettront les points sur les « i » au match suivant en pulvérisant l’Écosse (51-9), autrement plus armée que les Brave Blossoms.
Un redressement qui amènera les Bleus jusqu’en demi-finale, battus par l’Angleterre (24-7) pour le dernier match de rugbyman professionnel de leur emblématique capitaine.
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