Un système « organisé » de dopage en Géorgie mis au jour
World Rugby a révélé une affaire majeure de dopage impliquant six internationaux géorgiens et un membre du staff, autour d’un procédé organisé mêlant drogues récréatives et substitution d’échantillons avant la Coupe du Monde de Rugby 2023.
« World Rugby est en mesure de confirmer qu’une importante enquête menée conjointement par World Rugby et l’Agence mondiale antidopage (AMA) a donné lieu à la confirmation de violations des règles antidopage (VRAD) contre six joueurs et un membre de l’encadrement de l’équipe nationale de rugby à XV de la Géorgie », a indiqué la fédération internationale de rugby dans un communiqué diffusé vendredi 13 mars.
Comment l’enquête World Rugby – AMA a démarré
Selon le communiqué, l’enquête a été déclenchée lorsque des irrégularités dans les échantillons d’urine ont été identifiées par le programme antidopage hors compétition de World Rugby, portant sur une longue période avant la Coupe du Monde de Rugby masculine 2023 en France.
World Rugby a immédiatement alerté l’AMA, les deux instances menant alors des investigations parallèles, complexes et ciblées, incluant des tests inopinés et des analyses ADN, y compris sur des échantillons historiques conservés dans le cadre du programme de stockage à long terme.
« Lancée en 2023, l’Opération Obsidian a enquêté sur des allégations selon lesquelles des joueurs procédaient à des substitutions d’échantillons en violation flagrante des règles », raconte dans un communiqué l’Agence Mondiale Antidopage en évoquant cette pratique interdite et proscrite par l’article 2.2 du Code.
Des membres de la GADA avertissaient les joueurs
« Des employés de la GADA (agence antidopage de la Géorgie, ndlr) avertissaient à l’avance les joueurs de l’équipe nationale géorgienne de rugby des contrôles à venir. L’enquête a aussi déterminé que des agents de contrôle antidopage n’observaient pas les sportifs convoqués pour les contrôles et n’assistaient pas à la collecte d’urine, ce qui constitue une non-conformité manifeste aux règles », affirme le rapport d’enquête.
Il en résulte que six joueurs et un membre du staff ont été « inculpés et sanctionnés en lien avec un plan organisé impliquant des drogues récréatives et des substitutions d’échantillons », pratique expressément interdite par le Code mondial antidopage et le règlement antidopage de World Rugby. L’identité des personnes n’a pas été rendue publique.
« Ce qui se passait dans le rugby géorgien est scandaleux et provoquera une onde de choc dans le sport géorgien et au sein du gouvernement, ainsi que dans le rugby mondial », a déclaré Witold Ba?ka, le président de l’AMA.
Mauvaise presse avant l’arrivée de Pierre-Henri Broncan
Ce véritable scandale vient jeter un voile de suspicion sur l’équipe championne du Rugby Europe Championship à la tête de laquelle doit arriver le Français Pierre-Henry Broncan en tant que sélectionneur à l’issue de la saison de Pro D2 dans laquelle il est engagé en tant qu’entraîneur du CA Brive.
La Géorgie ne fait pas partie des nations de premier plan du rugby mondial, mais est une nation installée dans le paysage de ce sport: elle a participé à toutes les Coupes du Monde de Rugby depuis 2003, sans jamais sortir de la phase de groupes, et sera présente lors de la prochaine édition en Australie, en 2027.
Elle a aussi remporté les huit derniers Rugby Europe Championship, équivalent à la deuxième compétition des nations européennes, après le Tournoi des Six Nations. Elle est encore en finale de l’édition 2026, où elle sera favorite dimanche contre le Portugal.
Plusieurs internationaux évoluent en première division française, le Top 14, comme l’arrière rochelais Davit Niniashvili ou le pilier droit parisien Giorgi Melikidze.