La menace Wainiqolo sur ses terres contre les Bleus : « Certains Lyonnais m'ont dit qu'ils viendront soutenir les Fidji »
Jiuta Wainiqolo est depuis plusieurs saisons déjà une des principales attractions du Top 14. Hyper rapide et vif, il est la terreur des défenses de l’Hexagone et l’actuel co-meilleur marqueur d’essais du championnat avec 7 réalisations. Au LOU depuis 2025, il sera un peu chez lui au Groupama Stadium de Lyon, qui pourrait bien être son terrain de jeu si le XV de France n’y prête pas la plus large attention. L’ailier champion olympique en 2021 s’est confié avant ce France – Fidji de reprise du Championnat des Nations.
C’était comment, l’enfance aux Fidji ?
J’étais vraiment à fond dans le sport quand j’étais jeune. J’ai commencé à jouer au football à l’école, avant de basculer vers le rugby. J’ai grandi dans une petite banlieue, près de la plage. Mon père était vétérinaire et nous vivions dans des logements de fonction. Après l’école, je sortais en courant de la maison pour rejoindre mes amis et jouer avec tout ce qu’on pouvait trouver sur la plage. On jouait jusqu’à ce qu’un de nos frères ou soeurs arrive pour nous faire arrêter parce que la nuit tombait.
Vous avez commencé par le rugby à VII, pourquoi ?
Quand j’étais enfant, j’avais un lecteur DVD avec un disque qui regroupait tous les matches des Fidji à VII. Je les regardais toujours quand je m’ennuyais, quand il n’y avait pas de match à jouer. En 2016, j’étais chez moi, je regardais la célébration quand ils ont été champions olympiques à Rio. Je comptais les années jusqu’aux Jeux suivants et je me disais : « Je serai aux
prochains ».
Le costume d’extra-terrestre de Wainiqolo on est bien sûr qu’il s’agit d’un déguisement ? 🥸
Nouvelle action stratosphérique de l’OVNI du LOU 👽
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— TOP 14 Rugby (@top14rugby) October 31, 2026
« Je n’aurais jamais pensé jouer en France »
Et vous avez été champion olympique en 2021 à Tokyo…
Quand j’étais au village olympique le jour de la finale, tôt le matin, je suis allé marcher près du lac. Je me suis assis au parc, je réfléchissais au chemin parcouru, à tout le travail que j’avais dû fournir pour en arriver là. J’étais seul au parc, en train de pleurer, c’était très émouvant et j’étais tellement heureux.
Après Tokyo, vous êtes parti à Toulon. Quelle a été la plus grosse différence ?
La famille et le fait d’être loin d’elle. Je n’aurais jamais pensé jouer en France, j’étais tellement heureux de signer à Toulon. Je me suis marié et j’ai déménagé, mais ça a été très dur pour moi parce que la France est un grand pays, et puis la langue… Je suis reconnaissant d’avoir ma femme à mes côtés, elle a fait beaucoup pour nous.
Votre niveau de rugby est resté excellent malgré le changement de vie, comment l’expliquez-vous ?
J’aime simplement ce sport, c’est pour ça que je suis là. Je suis en France grâce au talent que j’ai, et je crois que je continue à travailler dur pour être le meilleur au rugby, parce que c’est ce que j’ambitionnais quand j’étais petit. J’ai eu la chance de rejoindre Toulon et il y avait beaucoup de joueurs de classe mondiale : Charles Ollivon, Baptiste Serin, Mathieu Bastareaud, Cheslin Kolbe… ils m’ont tous aidé.
« Ce serait bien que la France vienne aux Fidji pour jouer un match »
Vous allez jouer avec Josh Tuisova, une autre menace pour le XV de France…
C’est un joueur de classe mondiale. Moi j’ai la vitesse et Josh a la puissance. Même nous, pendant les matches, quand on le voit prendre le ballon et coucher un joueur, parfois on rigole. S’il ne fait pas la passe, ce n’est pas grave (…) Quand on joue l’un contre l’autre, on dîne ensemble. Tous les Fidjiens du Top 14, on fait toujours ça, c’est comme une tradition culturelle.
Je dis toujours à Josh la veille des matchs : « Ne fonce pas tout droit sur moi demain, quand tu me verras, fais un crochet. » Je ne peux pas le plaquer, il est trop massif.
France-Fidji a lieu à Lyon, où vous jouez désormais. Des supporters lyonnais vont-ils encourager les Fidji ?
Certains Lyonnais viendront et ils m’ont dit : « On viendra soutenir les Fidji. » C’est top de jouer ici en France avec les Fidji. L’année dernière on a joué à Bordeaux et les supporters étaient incroyables. Ils soutenaient les deux équipes. Je disais à Mickaël (Guillard, coéquipier à Lyon, NDLR) que ce serait bien que la France vienne aux Fidji pour jouer un match (nldr : le
XV de France a joué 12 fois contre les Fidji mais une seule fois à Suva, en juin 1998).