La finale de 2011 hante encore Montpellier ; et c'est tant mieux
Quinze ans après un combat final pour le Brennus qui avait tourné à l’avantage de Toulouse, Montpellier, pourtant porté à l’époque par la « magie noire » de Fabien Galthié, retrouve l’ogre du rugby français, et misera sur le vécu des rescapés de 2011 désormais dans le staff.
De la pelouse aux coulisses : les tauliers de 2011 changent de rôle
Depuis cette épopée fondatrice, les tauliers de 2011 ont abandonné les casques et les crampons et pris place sur le banc et dans les bureaux. Joan Caudullo, Benoît Paillaugue et Fulgence Ouedraogo sont, depuis le 4 juin 2011 et leur amère défaite (15-10), le fil conducteur d’une histoire agitée.
A l’époque, ces trois joueurs aspirent à découvrir les sommets entre potes. Ils se rangent comme un seul homme derrière leur nouveau guide : l’actuel sélectionneur du XV de France Fabien Galthié. « En 2011, on a suivi un entraîneur : Fabien Galthié, on l’a cru jusqu’au bout, cela a failli passer », assure l’actuel manager de Montpellier Joan Caudullo.
« Je trouvais qu’il était parfois dans une magie noire. Pour ma part, je ne suis ni un druide, ni un magicien. J’essaie de mener cette mission avec ma façon de faire », souligne l’ancien talonneur entré en jeu en 2011. Intronisé l’été précédent, Fabien Galthié métamorphose le MHR, jeune club remonté dans l’élite en 2003.
Galthié, l’accélérateur du MHR
Au côté de son adjoint Eric Béchu, qui décédera en 2013, il accélère leur apprentissage du haut niveau à marche forcée. « Cette année-là était particulière, elle était folle, je me souviens en particulier de notre demi-finale à Marseille (victoire 26-25 devant le Racing 92) et la marée humaine », rembobine l’ancien capitaine emblématique Fulgence Ouedraogo, désormais ambassadeur du club.
« A Montpellier, on n’avait pas l’habitude d’avoir autant de monde réuni pour nous supporter. Ce souvenir magnifique était l’acte de naissance du MHR au plus haut niveau », décrit-il. Dans la fureur du Vélodrome, le troisième ligne aile vit l’un des plus beaux souvenirs de sa carrière, mais se blesse.
« Dans l’effervescence de notre succès, j’avais découvert que je m’étais fracturé la main sur la dernière action », raconte-t-il. « Une semaine plus tard, le néo-international tient sa place, sous infiltration, au côté de l’ouvreur François Trinh-Duc, son complice du club formateur du Pic Saint-Loup.
Frustration, carton jaune et banc cinq étoiles
« A la 70e minute, on était encore devant, mais on n’était pas câblés ou connectés pour être champions à ce moment-là. Aujourd’hui, on a plus de joueurs qui ont gagné (en 2022, NDLR). C’est important », compare Joan Caudullo, alors talonneur d’une équipe sans complexe.
Le demi de mêlée Benoit Paillaugue, aujourd’hui entraîneur de l’attaque, avait lui vécu une finale pleine de frustration. Entré à la 64e, il avait été sanctionné d’un carton jaune. Le Stade toulousain, avec son banc cinq étoiles (Maestri, Poux, Nyanga, Fritz, Clerc), avait fait la différence dans les dix ultimes minutes grâce à deux pénalités. Clément Poitrenaud, Jean Bouilhou et Virgile Lacombe, adjoints de l’actuel coach toulousain Ugo Mola, avaient fait parler l’expérience. Et décroché le 18e titre de Toulouse.
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