Rugby féminin : Berthoumieu, le Canada et le vin
Une première en douze ans ! La France et le Canada vont s’affronter samedi 26 septembre à La Rochelle pour leur premier affrontement sur le sol français depuis la demi-finale de la Coupe du Monde de Rugby 2014. À Paris, au stade Jean-Bouin, les Canadiennes s’étaient imposées 18 à 16. François Ratier, désormais sélectionneur des Bleues, dirigeait alors le Canada.
Berthoumieu appelle à la rigueur
Malgré le succès arraché contre l’Australie, 29 à 26, Axelle Berthoumieu n’a pas caché les manques français avant de défier le finaliste de la dernière Coupe du Monde de Rugby. La troisième ligne, qui honorera à l’occasion de ce match sa 34e sélection, a surtout pointé les problèmes de discipline et de plaquage.
« Quand on est rentré, on savait qu’on allait avoir beaucoup de négatif à travailler toute la semaine, qu’on allait se mettre beaucoup d’exigences, qu’on n’avait pas été à la hauteur de ce qu’on voulait. Le truc à vraiment vérifier, c’était surtout les plaquages hauts. Ce n’est plus possible d’avoir autant de fautes alors que sur le premier match, on n’est qu’à sept pénalités », assure-t-elle dans un entretien accordé à l’AFP.
Les Bleues ont été temporairement réduites à onze contre l’Australie. Un scénario qui n’efface pas les lacunes identifiées dans le jeu défensif. « Sur le match, je ne l’explique pas. On est un peu choquées et démunies. Avec un peu de recul, on se rend compte qu’on travaille beaucoup à bloquer les adversaires. On a souvent des attitudes hautes, ce qui ne nous aide pas à prendre de bons réflexes. Donc là, on s’est mis des axes de travail. Il faut se faire violence pour s’adapter. »
Une connaissance limitée du Canada
Au Stade bordelais, Berthoumieu côtoie plusieurs internationales canadiennes. Une proximité utile, sans offrir de solution toute faite face à l’une des grandes puissances mondiales.
« Je ne dirais pas que c’est plus simple, mais c’est sûr qu’on connaît leur façon de travailler », explique-t-elle. « Ce sont de grosses travailleuses, des athlètes. Culturellement, elles font beaucoup de sport avant le rugby. On sait à quoi s’attendre. Mais ça ne nous donne pas toutes les clés sur la façon de les battre. Et on ne les affronte pas souvent. »
La troisième ligne n’exclut pas non plus de dépanner en deuxième ligne, un secteur décimé par les absences. « S’il faut dépanner, avec grand plaisir, il faut s’attendre à tout. Après, par exemple, Julia Grosz s’est super bien adaptée, elle connaît parfaitement son rôle, comme si elle avait été là depuis un bon moment. J’ai plutôt confiance. Même si l’Australie n’est pas un match référence, il l’est en termes d’abnégation, de ne rien lâcher. »
Le rugby et le vin
Suspendue neuf matchs après avoir mordu une joueuse irlandaise en quart de finale de la Coupe du Monde de Rugby 2025, Axelle Berthoumieu a utilisé cette période loin des terrains pour avancer dans son autre projet, autour du vin. Son arrivée à Bordeaux lui a permis de suivre une formation de sommellerie, achevée en juin.
« Le fait d’avoir eu ma formation dans le vin et l’arrivée dans un nouveau club, le Stade bordelais, ça m’a pris beaucoup d’énergie. Cela m’a permis de penser à autre chose et la suspension m’a permis de développer aussi des choses pour lesquelles tu n’as pas le temps quand tu es dans le championnat, sur des contacts, des passes. Je n’ai jamais coupé avec le rugby », dit-elle.
« C’était vraiment un double projet. Tout s’est un peu aligné. Quand j’ai fait mes vœux, j’ai été acceptée de suite à Bordeaux et on arrivait en fin de cycle à Blagnac. J’ai fini en juin une certification en spécialisation de sommelier. Je savais que j’avais la tournée minimum un ou deux mois. Et le projet, quand je rentre, c’est de travailler dans une cave sur Bordeaux pour prendre un maximum d’expérience. »
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