Comment le XV de France s'adapte : « il n’y en a pas un qui s’est posé cinquante mille questions »
Contraint de jouer sans Jalibert, son ouvreur, et donc sans sa charnière à trois avec Dupont et Ramos, le XV de France a dû changer d’animation offensive contre l’Italie dimanche 22 février, pour un schéma plus classique. Mais elle a gagné le bras de fer proposé par la Nazionale, prouvant son côté caméléon.
L’ailier Louis Bielle-Biarrey l’a parfaitement résumé après la victoire 33-8 des Bleus dimanche à Villeneuve-d’Ascq, sous le toit fermé du stade Pierre-Mauroy : « On avait l’habitude d’avoir deux 10, et là on s’est retrouvés avec trois ailiers, mais on s’en est plutôt bien sortis, (…) même si on était plus dans l’urgence et avec moins de repères ».
Le forfait samedi soir de Matthieu Jalibert, l’ouvreur de l’UBB, touché à un mollet, avait entraîné toute une recomposition des lignes arrières tricolores, avec la montée du Toulousain Thomas Ramos à l’ouverture, depuis son poste habituel d’arrière, le glissement du palois Théo Attissogbe de l’aile droite à l’arrière, et l’entrée pour sa première sélection de l’ailier toulonnais Gaël Dréan.
Et donc un changement d’animation offensive au passage : « On avait décidé stratégiquement d’avoir un jeu offensif différent des deux premiers matchs », a expliqué Ramos après la rencontre, « et ce système a permis que Théo s’occupe de son rôle de XV et ne s’occupe pas trop » d’être un second ouvreur, « on est revenu à un jeu un peu plus basique ».
Un temps de jeu effectif réduit
« Théo c’est moins un 10, on a été dans des schémas plus classiques peut-être, comme on en voit en club », a confirmé « LBB ». « C’était un match avec un scénario différent, fermé, il a fallu tenir le bras de fer », a constaté le sélectionneur des Bleus, soulignant que le « ball in play », le temps de jeu effectif, a été moins élevé que lors des deux victoires contre l’Irlande puis le Pays de Galles, où le ballon avait vécu respectivement 42 puis 45 minutes.
« La première de Gaël, ces petits changements dans le trident (arrière-ailiers), sur la manière de jouer, ça nous a mis dans l’inconfort », a reconnu Fabien Galthié : « Mais on ne peut pas être totalement dépendants d’une composition d’équipe, et les joueurs ont trouvé des solutions », s’est-il félicité.
« Ça montre la maturité des mecs, les jeunes, il n’y en a pas un qui s’est posé cinquante mille questions, ils ont de suite basculé, chacun savait ce qu’il avait à faire sur le terrain », a insisté Ramos.
Des coups d’éclat gagnants
« On a su s’adapter et c’est important de pouvoir gagner de manière différente, avec un jeu moins flamboyant mais tout aussi efficace au final », a également plaidé Antoine Dupont, le capitaine des Bleus, reconnaissant que la France s’est imposée dimanche « sur des coups d’éclat, des turnovers », comme ce nouveau sprint de « LBB », l’ailier de l’UBB, pour l’ouverture du score (4e), ou cet essai de Ramos après une touche perdue par les Italiens et une longue percée de Gailleton (29e).
Et que dire de l’essai du bonus, à la 72e, marqué par Dréan alors que les Azzurri étaient à 13 sur le terrain, avec le carton jaune de Lynagh et la blessure de Capuozzo, l’arbitre n’ayant pas encore laissé Ioane rentrer pour le remplacer.
Des coups d’éclat donc, mais aussi une défense de fer face aux coups de boutoir italiens, et tout un travail de l’ombre gagnant, « une formidable prestation collective défensivement au milieu de terrain », comme l’a souligné Galthié. « Je sais qu’en France on est des romantiques et quand on parle du jeu, des projets de jeu, on ne parle que du jeu avec le ballon », souriait l’ancien demi-de-mêlée : « Mais le jeu sans ballon, ça permet de gagner des matchs ! »
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