Après les folies, le réveil brutal : l'UBB peut-elle survivre à Mayol ?
Rois d’Europe pour la deuxième fois depuis samedi 23 mai, puis rois des célébrations et des délires jusqu’à mardi, les joueurs de Bordeaux-Bègles ont replongé depuis dans le quotidien du Top 14, avec une qualification toujours incertaine. Quelle équipe l’UBB va aligner dimanche au stade Mayol de Toulon ?
C’est la question que tous les suiveurs du club girondin se posent, d’autant plus après avoir assisté au défilé de leurs héros dimanche en ville, puis souri à leurs pérégrinations et facéties les trois jours suivant. Invité de RMC lundi, le manager Yannick Bru est revenu sur les propos qu’il avait tenus samedi dans le vestiaire de Bilbao après la victoire face au Leinster.
« Je leur ai dit “Ce soir, folie. Dimanche à Bordeaux, folie. Lundi, encore à Bordeaux, folie”. Pour mardi, je voulais dire “retour au calme”, mais tous les mecs ont crié “Folie ! Mercredi, folie ! Jeudi, folie !” Ils m’ont pris à mon propre jeu et ont enchaîné sur les folies… »
« Big Ben » et son vélo cargo
Folies qui ont fait le tour des réseaux en version mondialisée avec comme « GOAT » ultime « Big Ben » Tameifuna, son maillot sur le dos non stop pendant quatre jours, une deuxième étoile aussitôt tatouée sur le mollet gauche et son vélo-cargo devenu légendaire.
Entre ses allers et venues sur les quais ou dans le centre de Bordeaux saluées par les supporters aux terrasses des cafés, avec un coup la sono à fond sur le porte-bagage arrière, un coup les deux Champions Cup réunies telles des sœurs jumelles, le pilier le plus souriant de la terre s’est aussi fait une petite frayeur. Filmé par sa femme, Tameifuna s’est gamelé après un virage pris abruptement, mais sans gravité, si ce n’est quelques rayures sur une voiture qui n’avait rien demandé. Il a fini mardi par un plongeon arrière dans la piscine d’un restaurant du Bassin d’Arcachon, les deux trophées dont il avait la garde entre les bras.
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Tongien lui aussi et visiblement frappé du même syndrome, le deuxième-ligne Adam Coleman n’a pas quitté son maillot de la finale, comme l’an dernier après le succès face à Northampton, et est passé lui aussi entre les mains du tatoueur avec trois mots le résumant : « Conquête. Défense. Ruck ! » Leurs partenaires ont été dans la même lignée que leur intrusion déguisée sur l’estrade de la salle de presse de San Mamès : apéros, virées en ville ou à la plage, chorégraphies TikTok, re-apéros…
Vu l’état des troupes, l’Élysée attendra
Auteur du premier essai face aux Irlandais, l’ailier Pablo Uberti a passé un long moment dans une piscine gonflable dans le très cossu triangle bordelais à siroter des breuvages de fêtes alors que l’ex-arrière Nans Ducuing, retraité et reconverti en homme de télévision, a rejoint ses anciennes troupes dans un convoi de police avec sirène deux tons de sortie. Sans parler de l’invitation du Président Emmanuel Macron pour fêter leur titre lundi à l’Élysée. Requête que l’UBB, un peu embêtée, a été obligée de repousser, vu la logistique à mettre en place et l’état de ses troupes.
Puis il y a eu mercredi, où le staff girondin a compté les valides pour préparer Toulon, décisif pour son avenir en Top 14, avec six points à prendre en deux matchs pour être sûr d’être barragiste. Une journée d’élimination des effluves et des toxines sur vélo électrique, dans le centre d’entraînement climatisé, ou sur le terrain, avant de se retrouver pour de bon jeudi, dans la fournaise de Moga – le président Laurent Marti était présent en bermuda -, pour un entraînement studieux, avec toutefois des joueurs ménagés (Uberti, Penaud ou Palu) ou carrément restés au frais (Coleman, Jalibert, Vergnes ou Bochaton).
Alors quelle équipe l’UBB alignera-t-elle dimanche ? Le secret sera gardé jusqu’à samedi après la conférence de presse de veille de match obligatoire, toutes les demandes médiatiques de la semaine ayant été refusées. « Ça ferait tache de ne pas se qualifier », disait le pilier Jefferson Poirot samedi. « Malheureusement, ça semble mal embarqué. Je ne sais pas ce qui va nous arriver, je suis un peu pessimiste », pensait le président Marti dans les sous-sols du stade San Mamès. Prémonition passagère ?