Tournoi des Six Nations 2026 : la victoire qui masque les failles des Bleus
Malgré le huitième titre dans le Tournoi des Six Nations, les interrogations sur la capacité des Bleus à aller chercher la plus belle des coupes demeurent. Le sélectionneur Fabien Galthié a encore du pain sur la planche.
Interrogé en conférence de presse sur la manière dont il qualifierait le match contre l’Angleterre, le sélectionneur des Bleus a martelé un discours simple : « Je l’appellerais victoire, victoire en finale. Et je ne vais pas bouder mon plaisir pour répéter victoire en finale, deux saisons consécutives. »
Greg Alldritt a manqué
Après un premier mandat où il a collectionné les places d’honneur, embelli par un Grand Chelem et une année triomphante en 2022, le sélectionneur répond désormais à l’injonction de gagner des titres avec un doublé dans le Tournoi en 2025 puis 2026, pas réalisé pour la France depuis 2006-2007.
Ses choix forts du début d’année, avec la non-sélection des cadres Damian Penaud, Gaël Fickou et Grégory Alldritt n’ont pas perturbé l’équilibre d’un groupe dense, même si les difficultés à trouver un n°8 au profil de porteur de balle plaident en faveur du troisième ligne centre rochelais.
La sourde oreille
Les Bleus ont progressé sur les ballons hauts, adapté leurs systèmes offensifs et défensifs à la présence de Matthieu Jalibert et même impressionné dans l’immense majorité des secteurs lors des trois premiers matchs, avant que l’élan ne se fissure et rappelle les performances moins glorieuses de novembre.
Mais Fabien Galthié fait mine de ne pas comprendre que les suiveurs les plus assidus de Marcoussis et des Bleus puissent encore être refroidis par la défaite contre l’Écosse, sur laquelle il est très peu revenu, ou les lacunes encore constatées dans le jeu des Bleus, notamment en défense.
« Quand vous annoncez après le premier match le Grand Chelem, voire avant de commencer la compétition, – je ne parle pas aux supporters, je parle à vous qui suivez ce que l’on fait – je me demande si ce n’est pas un manque de respect vis-à-vis de nos adversaires », a-t-il lancé devant les journalistes présents dans l’auditorium du Stade de France.
Un Tournoi favorable aux Bleus
Avant le match contre l’Écosse, il avait estimé que certains journalistes présents à Marcoussis « sont très proches de nos adversaires », raison pour laquelle les accès médias ont été réduits dans ce Tournoi, avec la volonté de ne pas « ouvrir trop à la discussion des choses qui pourraient être discutées parfois ». Fabien Galthié préfère insister sur « les batailles incroyablement difficiles, tactiques, stratégiques » durant toute la compétition.
L’avant-dernier Tournoi avant une Coupe du monde est traditionnellement le plus favorable pour les Bleus, qui disposent de trois réceptions et d’adversaires britanniques et irlandais bien plus fatigués par l’épuisante tournée des Lions l’été précédent.
Shaun Edwards fataliste
Et cette année, l’Irlande continue de connaître un lent déclin, les Anglais ont failli, les Écossais sont restés irréguliers et les Gallois toujours en grande difficulté. Les Bleus, eux, n’ont pas encore trouvé la bonne formule défensive. L’entraîneur spécialiste de la défense Shaun Edwards, plus en retrait dans le staff dans le second mandat Galthié, a même semblé fataliste sur la chaîne britannique ITV samedi soir.
« C’était encore un match de folie, un vrai régal pour les fans. Le rugby est tout simplement phénoménal en ce moment (…) Si c’était seulement votre équipe qui encaissait beaucoup de points, vous seriez inquiet. C’est frustrant, mais c’est ainsi que le jeu évolue », a estimé celui qui était entraîneur de la défense du Pays de Galles en 2008, édition où le XV du Poireau n’avait concédé que deux essais contre… 19 pour la France cette édition.
Défense et coaching à revoir
De son côté, Jean-Baptiste Elissalde, ancien demi de mêlée et entraîneur des Bleus, a souligné dans l’excellente émission Le Salon tactique sur le site de L’Équipe que « la défense a été un point négatif sur la fin du tournoi, et je ne pense pas qu’on puisse se dire qu’on est Barcelone et que si on prend 7 essais, on en marquera 9 tout le temps. Je ne suis pas sûr que ça puisse passer en rugby, d’autant plus sur une Coupe du monde, quart de finale, demi-finale, finale. Si tu passes deux matchs à en prendre 7 comme ça, je ne vois pas comment tu peux y survivre. »
Autre point d’amélioration : le coaching en cours de match, qui a souvent donné l’impression d’être planifié en avance, n’a jamais été bénéfique aux Bleus, que ce soit dans les matches acquis (Irlande) ou pour renverser la table comme contre l’Écosse. Un adversaire que les Bleus pourraient retrouver en huitièmes de finale de la Coupe du Monde de Rugby, dans un an et demi. D’ici là, le travail se poursuit.
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