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Stephen Parez-Edo Martin : une étape du circuit mondial à 7 en France, « ça a manqué cruellement »

Madrid, Espagne – 2 juin 2024 : le Français Stephen Parez Edo Martin lors de la demi-finale entre les Fidji et la France au stade Civitas Metropolitano, à Madrid. (Photo : Flor Tan Jun / Getty Images)

Une étape française du HSBC SVNS ? « Oui, ça a manqué cruellement », admet l’international de rugby à sept Stephen Parez-Edo Martin. Vétéran de l’équipe de France (31 ans), il vient d’entamer sa 12e saison et il a plus souvent jouer dans le monde entier qu’en France. Aussi, lorsque World Rugby a confirmé fin août 2025 que Bordeaux accueillerait du 5 au 7 juin 2026 la dernière étape du circuit mondial de rugby à 7, hommes et femmes, le joueur n’y a vu que du positif.

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« Bordeaux, c’est quand même une ville de rugby », dit-il dans une interview exclusive accordée à RugbyPass. « C’est une ville qui va être hyper attractive pour tous les supporters qui vont pouvoir venir. C’est un endroit génial pour venir faire la fête et regarder du rugby, surtout que là-bas le rugby est roi. » En plus, ça fera 22 ans que Bordeaux n’a plus accueilli une étape du circuit mondial.

En France, la dernière remonte à 2023 à Toulouse. L’année suivante, pas d’étape, mais les JO de Paris 2024 qui avaient sacré Parez, Dupont et toute la joyeuse bande de Jérôme Daret champions olympiques. Après deux ans sans Sevens, il était temps que la discipline revienne dans l’hexagone. « On a eu énormément de questions à ce sujet-là : comment ça se fait que vous jouez plus en France ? Il y a eu un très, très gros engouement après les Jeux olympiques et je pense qu’il y a une carte à jouer justement sur le fait de revenir en France. Ça peut être vraiment une belle fête si tout le monde répond au rendez-vous », estime Stephen Parez.

« Le fait de jouer à la maison, ça nous aide quand même beaucoup. On a toujours vécu ça comme un peu un avantage, un peu comme les supporters qui font le joueur en plus sur le terrain. Ça nous donne un supplément d’âme de jouer à la maison, et c’était le cas à Toulouse. »

D’autant qu’à Bordeaux du 5 au 7 juin 2026 l’enjeu sera important : ce sera ce week-end là que seront sacrés les champions de la saison, trophée que les Français ont remporté en 2024, juste avant les JO. « Ce n’est pas le premier tournoi des phases finales, c’est le dernier, donc c’est celui qui est hyper décisif dans le sens où ça va déterminer le champion du monde de l’année 2025-2026, qui plus est en France », se réjouit Parez-Edo Martin. « C’est une opportunité unique pour nous de briller encore devant le public français. À nous d’être performants tout au long de l’année pour déjà être prêts pour ces phases finales. »

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Paris, France – 27 juillet 2024 : les médaillés d’or de l’équipe de France célèbrent sur le podium lors de la cérémonie des médailles du tournoi masculin de rugby à sept, au Stade de France, le premier jour des Jeux olympiques de Paris 2024. (Photo : Cameron Spencer / Getty Images)

Cette saison, la formule du circuit mondial a encore évolué, rendant le niveau encore plus serré parmi les 24 équipes : 12 chez les hommes et 12 chez les femmes. Pour faire simple : seules les meilleures y ont le droit de performer. Après deux étapes, les Bleus se classent 4e et les Bleues 5e (après une médaille de bronze à Cape Town).

Un exemple de la compétitivité ? La Nouvelle-Zélande qui gagne le premier tournoi de la saison à Dubaï et qui ne se qualifie même pas pour passer les demi-finales à Cape Town la semaine suivante. « Depuis quelques années, les gros n’existent plus trop », relève le joueur. « Le championnat s’est vachement homogénéisé. Aujourd’hui, il ne reste que des gros, et du coup tout le monde est capable de gagner un tournoi et tout le monde est capable de finir dernier. C’est ça qui est hyper intéressant, c’est qu’il faut défendre son steak à chaque sortie. Le sport de haut niveau est hyper bien représenté là-dedans. Tout se joue à des détails. »

Alors que chaque équipe se connaît par cœur, que toutes les combinaisons sont sur la table et qu’il est de plus en plus difficile de surprendre l’adversaire, qu’est-ce qui fait qu’une équipe arrive à gagner ?

« Pour le spectateur, c’est juste super, parce que c’est vraiment de l’entertainment de dingue et du suspense, de la dramaturgie non-stop. Ça rend ce sport encore plus beau… »

« Les équipes qui seront les plus prêtes, les mieux préparées physiquement aussi auront peut-être un avantage tout au long de la saison pour grappiller des points. Et peut-être que finalement, il est possible d’être champion du monde sans avoir gagné de tournoi, si la régularité est présente. Aujourd’hui, on est 4e, on a une constance qui est plutôt intéressante, mais qui est un peu dommage au vu des demi-finales qu’on joue. Il y a des choses qui nous filent entre les doigts.

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« Là, c’est de la stratégie du début jusqu’à la fin pour le coach, par rapport à la rotation des joueurs, etc. Chaque match, chaque point, chaque transformation est hyper importante. Le goal-average, les points de bonus défensif aussi… il y a tout qui compte. Et pour le spectateur, c’est juste super, parce que c’est vraiment de l’entertainment de dingue et du suspense, de la dramaturgie non-stop. Ça rend ce sport encore plus beau. »

« Aujourd’hui, tout se joue dans le détail. C’est de se dire qu’il va falloir faire les choses mieux que l’adversaire. Il y a la stratégie de jeu aussi, qui doit être respectée, plus ou moins bien forcément. Dans le rugby, dans un match, il y a énormément d’aléas. Parfois, on n’arrive pas à mettre notre jeu en place parce qu’il peut y avoir des conditions climatiques qui ne nous le permettent pas, peut-être parce que la défense en face de nous a décidé de monter plus agressivement que d’habitude… il y a plein de paramètres qui rentrent en jeu. Il faut réussir à contrer les défenses des adversaires ou les attaques des adversaires en étant solide et surtout collectif, et bien connecté entre nous. »

Vers Los Angeles 2028

Ce challenge, cette évolution permanente de ce sport si spectaculaire et époustouflant – à la fois à jouer et regarder – c’est justement ce qui motive Stephen Parez-Edo Martin. Car même après 12 ans, il est toujours aussi motivé. « J’ai fait un peu le tour, mais c’est hyper stimulant », concède-t-il. « Je me régale à chaque sortie, à jouer au rugby à 7. C’est juste un pur régal. Et puis, comme on parlait avant, jouer des tournois où c’est hyper serré, où tu joues l’Australie, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, les Fidji… Enfin, t’as pas de répit !

« C’est ce dont tu rêves, enfin, c’est ce que moi je rêvais quand j’étais gamin. C’est de se dire : ah, là c’est la transformation de la gagne. Qui n’a jamais fait de rugby ou fait un drop face aux poteaux en se disant : c’est la transformation de la gagne ? Là, ça, c’est des choses qui vont arriver. Et c’est… excuse-moi du terme, mais c’est b…, quoi. »

Mais trouvera-t-il la force de continuer encore pendant deux saisons, jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028 ? « Pour l’instant, on en parle, mais l’idée, le discours qu’on a avec Jérôme (Daret) et Benoît (Baby, le coach), c’est, malgré tout, même si je commence un peu à décliner au niveau physique et rugbystique, c’est d’être là pour accompagner aussi l’équipe, donc aussi au niveau de mon expérience, essayer de la transmettre un maximum.

« Les Jeux olympiques, c’est une expérience que les jeunes n’ont pas vécue et à laquelle ils seront confrontés. Donc si on peut transmettre un maximum d’expérience, c’est le principal. Et moi, mon objectif, c’est quand même d’aller gagner la médaille d’or à L.A… »

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