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Rhona Lloyd, Écossaise formée en France : « pendant la rencontre, pas de gentillesses ! » 

BRISTOL, ANGLETERRE - 14 SEPTEMBRE : L'Écossaise Rhona Lloyd pendant le quart de finale de la Coupe du Monde de Rugby féminine 2025 opposant l'Angleterre à l'Écosse à Ashton Gate, le 14 septembre 2025 à Bristol, en Angleterre. (Photo de Paul Harding/Getty Images)
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L’Auld Alliance trouve un nouvel écho, ce samedi 9 mai au Hive Stadium d’Édimbourg, où l’histoire séculaire entre la France et l’Écosse se transpose une fois encore sur la pelouse, le temps de 80 minutes promises à un bras de fer total. Entre adversaires rugueuses sur le terrain et amitiés nouées dans les clubs français, la frontière reste ténue pour une partie du groupe écossais.

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Depuis des années, plusieurs internationales du Chardon ont choisi la France pour franchir un cap, s’aguerrir, et comprendre de l’intérieur la culture de jeu tricolore. Des pionnières comme Lisa Martin ou Jade Konkel, parties à Lille Métropole, jusqu’à Helen Nelson à Montpellier, Rachel McLachlan devenue titulaire en Elite 1, ou encore Chloe Rollie, adoptée par le public de Toulon Provence Méditerranée, c’est un véritable pont rugbystique qui s’est construit au fil du temps.

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Rhona Lloyd, 4 ans avec Ratier à Bordeaux

Rhona Lloyd, elle, a passé quatre saisons au Stade Bordelais sous les ordres de François Ratier, aujourd’hui sélectionneur de la France, et connaît mieux que quiconque ce groupe bleu attendu à Édimbourg.

« François est un entraîneur brillant, j’ai absolument adoré être coachée par lui à Bordeaux ; iil donne vraiment aux joueuses les moyens de prendre des décisions sur le terrain et de faire des choix avec le ballon. Il aura sans doute apporté beaucoup de structure à l’équipe de France, ce qui lui manquait peut-être un peu par le passé, et il voudra donc qu’elles jouent dans les bonnes zones. », dit-elle de Ratier, désormais à la tête des Bleues.

Un Tournoi au goût amer

À l’heure de retrouver son ancien coach et de renouer avec le public écossais, l’ailière ne cache ni son impatience ni son exigence. « Nous sommes vraiment très excitée de rejouer à domicile. La France à domicile a toujours été une superbe affiche et les supporters sont toujours derrière nous », confie-t-elle à RugbyPass.

Les deux dernières sorties ont pourtant laissé un goût amer, entre la lourde défaite face à l’Angleterre (7-84) et le revers frustrant en Italie (41-14), dans la foulée d’un succès déjà imparfait à Cardiff contre le Pays de Galles (19-24). « Évidemment, nous sommes déçues de la façon dont se sont déroulés les deux derniers matchs, et même de la fin du match contre le Pays de Galles – même si nous avons gagné – nous n’avons pas vraiment joué à notre plein potentiel. Donc, tout l’enjeu, c’est de construire à partir de ça et de proposer un spectacle devant nos supporters », pose encore Lloyd.

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Sa connaissance du vestiaire français

Sa connaissance intime du vestiaire français nourrit à la fois sa méfiance et sa détermination. « J’ai joué avec beaucoup de joueuses de l’équipe de France, à Bordeaux nous avions beaucoup d’internationales dans l’effectif, donc je connais probablement les joueuses bien plus que certaines de mes coéquipières, sur et en dehors du terrain ! », sourit-elle.

« Je dirais que c’est plutôt un avantage, car je sais à quel point certaines de ces joueuses sont douées ; elles ont d’excellentes joueuses, mais nous aussi. Il faut donc être conscient des menaces qu’elles représentent et du style de rugby qu’elles pratiquent, qui est très différent de celui de beaucoup d’autres équipes de cette compétition.

« Après le match, je vais certainement retrouver quelques visages familiers, j’ai hâte d’y être. Mais pendant la rencontre, pas de gentillesses ! »

L’envie de faire monter l’Écosse au classement mondial

Rentrée après avoir manqué le déplacement en Italie pour protocole commotion, Lloyd incarne aussi une Écosse en reconstruction contrainte. Les blessures de Rachel McLachlan, Evie Wills, Hannah Walker ou encore Emma Orr ont saigné un effectif déjà mis à rude épreuve dans ce Tournoi. Loin de s’en lamenter, l’ailière y voit un levier pour élargir la base de joueuses.

« Nous avons eu quelques blessures dans le groupe mais ça offre à d’autres joueuses l’opportunité de travailler ensemble. Nous nous préparons clairement pour la prochaine Coupe du monde, tout au long de ce Tournoi des Six Nations, et nous nous habituons à de nouvelles combinaisons », avance-t-elle.

« On en a eu quelques aperçus jusqu’à présent, mais il faut voir ça comme un cycle de développement et je suis sûre que ça va finir par payer. Le groupe est évidemment très différent de celui de la Coupe du Monde de Rugby, il y a eu beaucoup de changements et nous sommes encore en train de trouver nos marques et de nous habituer à ces nouvelles combinaisons.

« Il faut qu’on en ai conscience, mais en même temps nous voulons respecter les objectifs que nous nous sommes fixés et continuer à faire progresser l’Écosse dans le classement mondial. Sione [Fukofuka, l’entraîneur principal de l’Écosse] est génial et nous sommes toutes très motivées à l’idée de travailler avec lui. Il aspire à un style de rugby passionnant. »

À la recherche d’un match référence

Il y a deux ans, la venue des Bleues à Édimbourg s’était jouée sur le fil, un essai tardif d’Émeline Gros offrant un bol d’air à la France pour s’imposer 15-5 après un long bras de fer. La dynamique écossaise, elle, réclame désormais un match référence pour coller à l’ambition affichée par le staff de Fukofuka, alors que la réception des Françaises se disputera, là encore, dans une enceinte annoncée pleine et acquise à la cause du XV du Chardon.

« C’est vraiment impressionnant : l’ambiance qui règne au Hive nous aide toujours à créer des moments forts, et ça n’a jamais été aussi vrai que lorsque nous avons battu l’Irlande à la dernière minute l’année dernière », rappelle Lloyd.

« Quand vous avez le public derrière vous, ça vous donne vraiment les moyens de produire votre meilleur rugby. Tout le monde parle de jouer en France et de la difficulté de l’exercice, et c’est parce qu’elles ont le soutien qu’elles ont à domicile. Savoir que nous bénéficions d’un soutien aussi incroyable chez nous, c’est ce dont nous avons besoin pour aller sur le terrain et livrer notre meilleure performance contre la France. »

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