Le verdict de Galthié : les 5 Bleus qui ont fait la différence
On ne dira jamais assez que le rugby est un sport collectif et que toute individualité n’a de sens que si elle joue avec les autres. Néanmoins, lorsque lui est demandé qui, selon lui, a été au-dessus du lot durant tout le Tournoi des Six Nations, Fabien Galthié ne bredouille pas.
Il devance même la question en dévoilant sa short list des cinq joueurs français les plus méritants du Tournoi des Six Nations 2026.
« Les meilleurs pour moi dans le tournoi, les 5 joueurs, les 5 meilleurs… », a-t-il dévoilé dans le Super Moscato Show sur RMC Sport jeudi 19 mars. « Jean-Baptiste Gros, énorme ; Oscar Jegou, révélation ; Théo Attisogbé ; Matthieu Jalibert, pas révélation, confirmation. Et bien sûr la solidité de Thomas Ramos dans ce moment clé (la pénalité du Crunch à la 82e minute, ndlr). Voilà les joueurs du tournoi. »
Jalibert ou Ntamack : qui est n°1 ?
En plaçant Matthieu Jalibert parmi les meilleurs joueurs, Galthié sait très bien qu’il le met en concurrence féroce avec l’autre grand ouvreur du XV de France, Romain Ntamack, qui n’a pas du tout participé au Tournoi 2026 pour cause de blessure.
« Matthieu a gagné une compétition avec nous. Les deux premières, c’était Romain. Maintenant, c’est lui qui a gagné une compétition », rappelle le sélectionneur qui refuse en revanche de trancher sur la question de qui est la doublure de l’autre.
« Alors là, vous allez vous régaler pendant deux ans ! », rigole-t-il à l’adresse des chroniqueurs avec un oeil sur la Coupe du Monde de Rugby en Australie en 2027. « Ce sont deux super mecs, qui vont avoir le malheur d’être opposés par des gars comme vous. On a gagné avec Romain, on a gagné avec Matthieu, et moi ce que j’aimerais, c’est que je vous demande, s’il vous plaît, prenez soin d’eux, respectez. Et je suis sûr qu’ils vont tout donner pour l’équipe de France ; on a besoin des deux.
On a besoin des deux
L’association Dupont-Jalibert-Ramos a fait des merveilles, surtout en début du Tournoi ; un peu moins en Écosse. « Matthieu avait besoin de jouer, et avec Antoine et avec Thomas. Nous, on joue avec deux 10. Je pense que sur un plan offensif, Patrick (Arlettaz, ndlr) a réussi à trouver la bonne recette pour que ces joueurs jouent ensemble et surtout s’apprécient.
« Mais on a besoin des deux. Rappelez-vous en 2023, Romain Ntamack s’est fait un croisé, c’est Matthieu qui joue. Cette année, Romain était blessé, c’est Matthieu qui joue. L’année dernière, c’était Matthieu qui était blessé, c’est Romain qui joue. Moi ce que je trouve bien, c’est que les deux joueurs ont gagné des compétitions, et donc ont une forme de légitimité. Et Matthieu est légitime dans le groupe. »
Le choix d’écarter Penaud, Fickou, Alldritt
À l’inverse, trois grands noms n’avaient pas été appelés sur ce Tournoi 2026 ce qui, au départ, avait suscité, au minimum, de l’incompréhension : Damian Penaud (29 ans, 59 sélections), Gaël Fickou (31 ans, 98 sélections) et Grégory Alldritt (28 ans, 58 sélections).
« Je fais des choix », réaffirme Fabien Galthié qui se défend de n’avoir pas pris la décision seul, mais conjointement avec son staff. « Quand on prend des décisions, on regarde vraiment tout. Et c’est notre métier de tout regarder. On a tout mesuré, et quand on décide de partir dans ce Tournoi des Six Nations avec ce groupe-là, on le prend en connaissance de cause. Et on sait qu’il y a des joueurs qui vont être déçus. »
Le sélectionneur raconte qu’il a appelé ses trois cadres pour les prévenir qu’ils ne seraient pas convoqués à Marcoussis cette fois-ci. « Je les ai appelés et je leur ai dit : pour ce tournoi, pour le moment, on va commencer avec les 42 sans vous. Vous ne serez pas dans l’équipe et je vais pas vous faire travailler avec les jeunes, parce que dans les 42 il y a une équipe qui joue l’adversaire, donc je ne vais pas vous faire ça. Et ils étaient d’accord. Enfin, ils étaient d’accord… ils ont compris. »
C’est plus dur de ne pas sélectionner un grand joueur que de le sélectionner
En faisant ces choix radicaux, Galthié et son staff ont confié les clés du camion bleu à des joueurs en devenir, entamant déjà un cycle qui dépassera largement la Coupe du Monde en Australie en 2027.
« C’est plus dur de pas sélectionner un grand joueur que de sélectionner un grand joueur », assure Fabien Galthié, ardent défenseur de la prise de risque. « Et c’est plus facile de ne pas prendre un jeune joueur à potentiel que de le mettre. C’est clair. Après, c’est un challenge avec le grand joueur qui sort et le jeune joueur qui n’a pas d’expérience qui prend sa place.»
Pour cette édition, au moins, le pari a été réussi.
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