Le rugby espagnol de clubs dans la tourmente

Par Jérémy Fahner
Les joueurs de Real Ciencias ne sont plus payés depuis plusieurs mois (Photo by Jose Luis Contreras/DAX Images/NurPhoto via Getty Images).

Le club espagnol Real Ciencias Rugby Club Sevilla est dans la tourmente. Des joueurs ont rendu public le fait qu’ils n’avaient pas été payés depuis trois mois, en dépit de rapports indiquant que le conseil d’administration était parvenu à un accord et avait honoré ses engagements envers l’équipe.

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Real Ciencias, qui a connu son apogée dans les années 1990 en remportant deux championnats d’Espagne, trois Coupes nationales et une Copa Ibérica, cherchait à construire un effectif proche du professionnalisme afin de rivaliser avec les meilleures équipes de División de Honor, la première division espagnole. Son avenir est désormais en suspens.

Les problèmes financiers sont apparus en septembre, lorsque les principaux sponsors se sont retirés – notamment Enerside Energia, l’une des plus grandes entreprises énergétiques d’Espagne – et que la municipalité a retardé le versement de subventions municipales, obligeant le conseil d’administration à trouver de nouvelles solutions, lesquelles sont restées vaines.

En avril, l’équipe a refusé de jouer le dernier match de la saison régulière, concédant une défaite sur tapis vert. Le club a en outre reçu une amende.

« Les joueurs sont des héros et se sont comportés comme de vrais professionnels », a déclaré le président du conseil d’administration Rafael Montserrat, interrogé par El Confidencial. « Nous voulons les remercier en faisant ce qu’il faut. La municipalité a promis d’injecter de l’argent dans un avenir proche ».

Le 3e ligne du club sévillan Fede Ehgartner a raconté à la chaîne YoutTube « A 5 metros » ce qu’il s’était passé : « Les problèmes ont démarré en décembre. Le président a payé les salaires de sa poche, et on a compris que quelque chose ne tournait pas rond. On n’a plus été payés jusqu’en février, et on a fait une action lors du match contre Alcobendas (les joueurs se sont assis tous ensemble durant une minute, ndlr). […] La situation était difficile, certains gars n’avaient pas de quoi payer leurs factures d’électricité, leur loyer, de quoi nourrir leur famille… Et on aurait dit que les dirigeants n’en avaient rien à faire. »

Le club compte dans ses rangs les internationaux espagnols Marcos Muñiz, Enrique Cuadrado, Michael Hogg, Vicente del Hoyo et Alvar Gimeno. Inévitablement, des questions sur leur avenir émergent, car les rivaux VRAC, El Salvador et Burgos guettent l’opportunité de récupérer certains des meilleurs joueurs sévillans.

Voilà une bien mauvaise publicité pour le rugby espagnol, qui cherche à croître. Il se murmure qu’un ou plusieurs clubs ibériques pourraient participer, dans un futur proche, à la Challenge Cup, et qu’une candidature à l’organisation d’une édition des Coupes du monde masculine et féminine pourrait voir le jour.

Mais la situation de l’équipe de Séville amène de l’incertitude à ce développement. En Espagne, le rugby n’est pas professionnel, mais certains clubs et la fédération tentent de mettre en place une nouvelle compétition de clubs de haut niveau qui leur permettra de franchir une nouvelle étape.

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Alors qu’il fête cette année son 52e anniversaire, le club de Real Ciencias pourrait bien revoir ses ambitieux objectifs à la baisse, même avec l’arrivée d’un nouveau sponsor.

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Flankly 15 hours ago
Resilient Irish will test Springboks despite provincial setbacks

The Bok kryptonite is complacency. How did they lose to Japan in 2015, or to Italy in 2016? There are plenty of less dramatic examples. They often boil down to the Boks dialing back their focus and intensity, presuming they can win with less than 100% commitment. This can be true of most teams, but there is a reason that the Boks are prone to it. It boils down to the Bok game plan being predicated on intensity. The game plan works because of the relentless and suffocating pressure that they apply. They don’t allow the opponent to control the game, and they pounce on any mistake. It works fantastically, but it is extremely demanding on the Bok players to pull it off. And the problem is that it stops working if you execute at anything less than full throttle. Complacency kills the Boks because it can lead to them playing at 97% and getting embarrassed. So the Bulls/Leinster result is dangerous. It’s exactly what is needed to introduce that hint of over-confidence. Rassie needs to remind the team of the RWC pool game, and of the fact that Ireland have won 8 of the 12 games between the teams in the last 20 years. And of course the Leinster result also means that Ireland have a point to prove. Comments like “a club team beating a test team” will be pasted on the changing room walls. They will be out to prove that the result of the RWC game truly reflects the pecking order between the teams. The Boks can win these games, but, as always, they need to avoid the kryptonite.

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