La France doit confirmer sa reprise en main face à l’Italie

Par Willy Billiard
EDINBURGH, ÉCOSSE - 10 FÉVRIER : Nolann Le Garrec (France) en action lors du match du Tournoi des Six Nations 2024 entre l'Écosse et la France au stade BT Murrayfield, le 10 février 2024 à Édimbourg, en Écosse. (Photo par Stu Forster/Getty Images)

Est-ce que le fait que l’arbitre de la rencontre, l’Anglais Christophe Ridley, soit né à Gouvieux, à 40 km au nord de Paris, où son père était pilote, va aider la France dans son duel face à l’Italie ?

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Ce sera en tout cas la première fois qu’il arbitre les Bleus (même s’il a été assistant à huit reprises, notamment lors du match d’ouverture de la Coupe du Monde de Rugby 2023 face à la Nouvelle-Zélande).

Ce France-Italie à Lille sera la 50e rencontre entre les deux (mais la 49e officielle étant donné que la toute première le 22 avril 1935 n’était pas un test officiel) et la France se présente comme largement favorite ayant remporté 45 de ses matchs et n’ayant concédé que trois défaites.

Depuis leur dernière défaite (23-18) le 3 février 2013 au Stadio Olimpico de Rome, les Bleus sont sur une série de 14 victoires contre l’Italie dont la dernière, 60-7 en match de poule de France 2023 à Lyon, a été la plus large.

Il s’agit d’une rencontre entre les équipes qui ont réalisé le plus de plaquages dans le Tournoi 2024 à ce jour, l’Italie étant classée première avec 458 plaquages réalisés, soit 85 de plus que la France (363).

Rencontre
Six Nations
France
13 - 13
Temps complet
Italy
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La France n’a jamais perdu à Lille

Après deux défaites de rang qui lui ont coûté énormément sur le plan de la confiance – en quart de finale de France 2023 face à l’Afrique du Sud et en ouverture du Tournoi des Six Nations face à l’Irlande, les deux premières nations mondiales – La France (4e au classement mondial) doit impérativement confirmer qu’elle a repris son destin en main.

La victoire poussive 20-16 contre l’Ecosse lors de la dernière journée n’a tenu qu’à trois doigts – un essai écossais refusé.

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Au stade Pierre-Mauroy, ce devrait être un autre cas de figure. D’abord, la France n’a jamais perdu à Lille, ayant remporté les six tests précédents dans la ville – contre la Roumanie en 1986, l’Argentine en 1988 et l’Australie en 1989 au Stade du Nord, et contre l’Argentine à deux reprises en 2012 et 2018.

Ensuite, la France est la seule équipe à avoir un taux de réussite de 100% en mêlée sur son propre engagement (6/6), et elle n’a pas encore concédé de pénalité en mêlée, que ce soit sur son propre engagement ou sur celui de l’adversaire (0/22).

La France est le deuxième pays à avoir réalisé le plus de plaquages (182 en moyenne par match) et a le meilleur taux de réussite (90%). Elle est également l’équipe qui a effectué le moins de passes (237) dans le Tournoi 2024 à ce jour.

Reste que c’est aussi l’équipe la plus indisciplinée puisqu’elle est la seule à avoir eu un joueur expulsé (Paul Willemse contre l’Irlande au premier tour), ainsi que deux cartons jaunes, alors qu’elle n’en avait reçu qu’un seul lors de ses 12 derniers matchs.

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La France a effectué 12 visites dans les 22 adversaires au cours des deux premiers tours, avec une moyenne de trois points par entrée. L’Italie de son côté n’a réussi à pénétrer dans les 22 de l’Irlande qu’à deux reprises, alors que contre l’Angleterre – son premier match où elle était à deux doigts de gagner – elle a pénétré six fois dans la « zone rouge » et en est ressortie avec une moyenne de quatre points par visite.

Face à face

5 dernières rencontres

Victoires
4
Nuls
1
Victoires
0
Moyenne de points marqués
38
13
Le premier essai gagne
40%
L'équipe recevante gagne
40%

Les domaines perfectibles de l’Italie

L’Italie cherche à éviter une neuvième cuillère de bois consécutive et une quatorzième campagne sans victoire. Ça commence à faire long pour les joueurs qui n’ont pas réussi à marquer lors de leur dernier match, une défaite 36-0 contre l’Irlande à l’Aviva Stadium de Dublin (une première depuis février 2022 contre l’Angleterre).

Jouer à l’extérieur – surtout en France – ne lui porte pas chance puisque l’Italie a perdu ses six derniers matchs en dehors de la Coupe du Monde de Rugby 2023.

Les Azzurri disposent de la plus faible part de possession de balle (31%) et d’occupation (39%) après les deux premières journées.

L’Italie est la moins bien classée en termes de courses avec ballon (177), de mètres courus (1 003), de franchissements (sept), de coups de pied de dégagement (47) et de mètres bottés (991).

Elle est également la moins performante pour la touche (72%) et en termes de réussite au tir au but (67%, 4/6).

Deux changements dans le pack français

La France a procédé à deux changements dans le XV de départ qui a battu l’Écosse il y a quinze jours, tous deux dans le pack.

Posolo Tuilagi, champion du monde avec les U20 en 2023, est titularisé pour la première fois en deuxième ligne après être rentré en cours de jeu lors des deux premiers matchs, tandis que Paul Boudehent est également promu du banc pour prendre sa place au poste de troisième ligne côté fermé.

Il y a également un changement de position et un changement de capitaine puisque François Cros passe du côté fermé au numéro huit pour remplacer Grégory Alldritt, blessé lors de la rencontre à Edimbourg. Charles Ollivon devient capitaine pour la 17e fois en l’absence d’Alldritt.

Cyril Baille, Peato Mauvaka et Uini Atonio jouent ensemble en première ligne pour le sixième match consécutif, tandis que Tuilagi rejoint l’athlétique Cameron Woki pour former une deuxième-ligne au physique contrasté.

Paul Boudehent, qui remporte sa neuvième sélection, Charles Ollivon et François Cros forment la troisième-ligne.

La ligne arrière reste inchangée avec Maxime Lucu et Mathieu Jalibert à la charnière, tandis que Jonathan Danty et Gaël Fickou apportent leurs années d’expérience au centre.

Thomas Ramos est à nouveau associé dans le triangle arrière aux ailiers Louis Bielle-Biarrey et Damian Penaud, qui est à deux essais d’égaler le record de Serge Blanco (38).

Le Toulonnais Esteban Abadie fera ses débuts internationaux à 26 ans s’il sort du banc. Abadie est le petit-neveu d’André (pilier international), le petit-fils d’Alain (talonneur) et le fils de Geofrey (ailier du Racing 92 et du Stade français) décédé en 2015.

Abadie, dont la mère était également basketteuse professionnelle, a commencé par faire de la natation, du football puis du judo avant de se tourner vers le rugby à l’âge de 10 ans au Racing, où jouait son père.

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Un triangle arrière italien renforcé

Tommaso Menoncello revient à l’aile droite pour la première fois depuis qu’il a marqué un essai pour l’Italie contre la France en février 2022. Depuis, il n’a été titularisé que deux fois sur l’aile en 12 tests, mais dans les deux cas, il portait le numéro 11 sur le dos et non le 14.

Le passage de trois-quarts centre à trois-quarts aile est l’un des deux switchs effectués par le sélectionneur Gonzalo Quesada.

L’autre changement concerne le capitaine Michele Lamaro, qui a retrouvé son rôle habituel de côté ouvert après avoir joué en numéro huit contre l’Irlande.

Deux des quatre changements de joueurs dans le pack concernent la première ligne, le pilier Danilo Fischetti étant le seul joueur à conserver sa place comme pilier gauche. Il est rejoint par le duo de Benetton, le talonneur Giacomo Nicotera et le pilier droit Giosuè Zilocchi.

La deuxième-ligne reste inchangée avec les coéquipiers de Benetton, Niccolò Cannone et Federico Ruzza, qui sont de nouveau titularisés ensemble.

Lamaro est rejoint en troisième-ligne par deux joueurs dont c’est la première titularisation internationale : Riccardo Favretto sur le côté fermé et Ross Vintcent en numéro huit. Ce dernier a fait ses débuts contre l’Irlande lors du dernier test, tandis que Favretto en sera à son premier test depuis ses débuts contre l’Écosse en mars 2021.

L’Italie débute avec son troisième demi de mêlée différent en autant de matchs, Martin Page-Relo étant préféré à Stephen Varney pour épauler Paolo Garbisi au poste de demi de mêlée.

Le trois-quarts centre Federico Mori fait son retour dans le XV de départ pour la première fois depuis plus d’un an. Il est associé à Juan Ignacio Brex, qui est titularisé pour la dixième fois consécutive. Brex n’a manqué que deux matchs depuis qu’il a obtenu la première de ses 32 sélections en 2021.

Menoncello et Monty Ioane constituent la menace sur les ailes, tandis qu’Ange Capuozzo est à nouveau titularisé en arrière. Le deuxième-ligne Matteo Canali devrait faire ses débuts internationaux s’il entre en jeu.

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L’heure des retrouvailles avec Quesada

Gonzalo Quesada, qui aura 40 ans en mai, a fait partie de l’équipe de France entre 2008 et 2011 sous la direction de Marc Lièvremont, l’aidant à remporter le Grand Chelem du Six Nations en 2010 avant d’atteindre la finale de la Coupe du Monde de Rugby l’année suivante.

Il était alors en charge du jeu au pied et des buteurs dans le staff de Lièvremont avec Didier Retière et Emile Ntamack et était là lorsque l’Italie a battu la France (22-21) pour la première fois dans le Tournoi des Six Nations le 12 mars 2011.

Il se souvient de la colère noire du coach qui refusera de parler à ses joueurs après la rencontre. Il sait comment peut évoluer une équipe de France blessée…

La légende des Pumas a rejoint l’Italie en provenance du Stade français, qu’il a mené au titre du Top 14 lors de son premier mandat.

Quesada a également entraîné les Jaguares jusqu’à la finale du Super Rugby 2019 et est le premier Argentin à être entraîneur principal dans le Tournoi des Six Nations.

Ce match sera déjà le 47e de Fabien Galthié à la tête de l’équipe de France, période au cours de laquelle les Bleus ont remporté 78 % de ses rencontres.

L’ancien demi de mêlée a gagné 38 tests en tant que joueur entre 1991 et 2003, et n’est plus qu’à deux victoires d’égaler ce record en tant qu’entraîneur principal (36 victoires actuellement).

Six Nations

P
W
L
D
PF
PA
PD
BP T
BP-7
BP
Total
1
Ireland
2
2
0
0
10
2
England
2
2
0
0
8
3
Scotland
2
1
1
0
5
4
France
2
1
1
0
4
5
Wales
2
0
2
0
3
6
Italy
2
0
2
0
1
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Comments on RugbyPass

P
Poorfour 4 hours ago
The AI advantage: How the next two Rugby World Cups will be won

AI models are really just larger and less transparent variants of the statistical models that have been in use since Moneyball was invented. And a big difference between the Icahn centre’s results and AI today is that ChatGPT-like Large Language Models can explain (to some degree) how they reached their conclusions. In terms of what impact they will have, I suspect it will have two primary impacts: 1) It will place a premium on coaching creativity 2) It will lead to more selections that baffle fans and pundits. Analysts will be able to run the models both ways: they will see their own team’s and players’ weaknesses and strengths as well as the opposition’s. So they will have a good idea at what the other team will be targeting and the decisive difference may well be which coaches are smart enough to think of a gameplan that the other side didn’t identify and prepare for. For players, it places a premium on three key things: 1) Having a relatively complete game with no major weaknesses (or the dedication to work on eliminating them) 2) Having the tactical flexibility to play a different game every week 3) Having a point of difference that is so compelling that there isn’t a defence for it. (3) is relatively rare even among pro players. There have been only a handful of players over the years where you knew what they were going to do and the problem was stopping it - Lomu would be the classic example. And even when someone does have that, it’s hard to sustain. Billy Vunipola in his prime was very hard to stop, but fell away quite badly when the toll on his body began to accumulate. So coaches will look for (1) - a lack of exploitable weaknesses - and (2) - the ability to exploit others’ weaknesses - ahead of hoping for (3), at least for the majority of the pack. Which is likely to mean that, as with the original Moneyball, competent, unshowy players who do the stuff that wins matches will win out over outrageous talents who can’t adapt to cover their own weaknesses. Which will leave a lot of people on the sidelines sputtering over the non-inclusion of players whose highlights reels are spectacular, but whose lowlight reels have been uncovered by AI… at least until the point where every fan has access to a sporting analysis AI.

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