Explications de la victoire de l'USAP : « On est caméléon », dit Laurent Labit
Perpignan a confirmé sa bonne dynamique en disposant de Pau dimanche 22 février à domicile (40-24) à l’occasion du match en retard de la 17e journée reporté la semaine précédente en raison de la tempête Nils. Cette quatrième victoire consécutive en Top 14 à Aimé-Giral permet aux Catalans d’accroître leur avance sur la lanterne rouge Montauban, qu’ils précèdent désormais de onze points. Sur les trois dernières journées, les Perpignanais ont inscrit huit points de plus que leur concurrent direct pour la dernière place synonyme de relégation en Pro D2.
« C’était l’objectif numéro 1, on ne s’est pas caché de ça vu notre début de saison », rappelait le demi de mêlée de Perpignan Tom Ecochard après le match.« Le but c’était d’abord de mettre Montauban le plus loin possible. Onze points ça commence à être un peu plus conséquent, il faudra quand même toujours regarder dans le rétro, mais il faut aussi continuer à grandir en tant qu’équipe et continuer à jouer comme on le fait, être conquérant.
« Il va falloir aussi aller gagner à l’extérieur, parce que si le match de maintien, il me semble qu’il se joue à l’extérieur, il va falloir s’habituer à gagner aussi à l’extérieur. On va savourer ce soir, on est heureux de la prestation qu’on a faite, mais on ne va pas s’enflammer, on sait qu’on va chez un gros morceau, très dur, très difficile à jouer, à manœuvrer, le Stade Français, avec une grosse défense, une grosse conquête, une équipe qui ne nous réussit pas souvent. À nous de nous remettre encore en question à partir de la semaine prochaine pour continuer la dynamique, en essayant de faire quelque chose, de faire un bon match contre les Parisiens. »
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Cette troisième défaite de rang en déplacement ne fait en revanche pas l’affaire des Palois qui restent à onze longueurs du leader toulousain et voient l’Union Bordeaux-Bègles, qu’ils recevront lors de la prochaine journée, revenir à un tout petit point de sa deuxième place.?
Une première mi-temps quasi parfaite pour l’USAP
Privée de trois arrières (Gailleton, Brau-Boirie et Attissogbe) titulaires avec le XV de France un peu plus tôt dans l’après-midi face à l’Italie (33-8), la Section paloise a craqué sur la première offensive catalane concrétisée par Duigavulu après une touche perdue par les visiteurs (7-0, 4e).
Les Béarnais ont répondu dans la foulée par un essai en force de Montoya (7-7, 8e) avant que les Catalans, hyper réalistes, n’exploitent chacune de leurs incursions dans les 22 mètres adverses pour inscrire trois essais supplémentaires, dont un doublé du champion olympique à VII Jefferson Joseph (30-10, 36e). Un essai d’un autre médaillé d’or olympique, l’ailier palois Aaron Grandidier, permettait toutefois aux Béarnais de réduire le score juste avant le repos (30-17). Le coach Laurent Labit n’hésitait pas à parler de première mi-temps proche de la perfection.
« La première mi-temps elle est très belle ; c’est peut-être une mi-temps qui leur donne un petit peu d’envie pour la deuxième, mais sinon elle est complète dans ce qu’on voulait faire, dans la stratégie », abondait Tom Ecochard. « Ça fait deux semaines qu’on avait préparé ce match pour surprendre un peu tout le monde, d’essayer de garder un peu plus la possession face à une équipe de Pau qui est très forte sur les jeux de transition et les jeux de ballon haut. On pensait qu’ils allaient nous attendre sur ça, sur beaucoup de jeu au pied, même si on a su le faire, on a plutôt bien fait, mais on voulait aussi le tenir un peu plus et imposer un rythme qu’on n’avait pas fait depuis un moment, notamment à Aimé-Giral. Donc chose faite, c’est bien pour tout le monde, c’est un match complet donc ça fait vraiment plaisir. »
Perpignan, qui avait pris son premier point de la saison lors du court revers du match aller (23-27), a sereinement géré son avance en deuxième mi-temps pour finalement s’offrir ce précieux succès dans la course au maintien. « Il ne faut pas du tout s’enflammer, c’est juste une victoire. On aura un gros morceau au Stade Français, mais en tout cas ça continue la dynamique, notamment à Aimé-Giral, donc c’est bien pour la suite. Ça reste que quatre points, mais en tout cas quatre points et beaucoup de plaisir », voulait relativiser lEcochard.
Le changement de stratégie de l’USAP
Pour le coach Laurent Labit, le club commence à arriver à maturité et veut profiter de sa belle dynamique. Après deux mois où les joueurs sortent de grosses performances, celle-ci est considérée comme une « très grosse performance ».
« Sincèrement on était prêts, on sentait depuis deux semaines qu’on travaillait très, très bien », a-t-il confié. « On avait décidé aussi de passer à la phase 2 de notre rugby. Quand on est arrivés, on a essayé de modifier un peu ce qui était fait, d’utiliser beaucoup le pied, d’être beaucoup plus pragmatiques, on va dire, autour des avants, autour du jeu de pression, avec un minimum de risques. Et aujourd’hui, on a amené les joueurs vers un peu plus de mouvement.
«On se doutait aussi que peut-être l’adversaire ne s’attendrait pas à cette forme de jeu-là, mais on a les joueurs pour pratiquer un rugby un peu hybride, je dirais, et être une équipe un peu caméléon. On sait qu’on peut être très forts devant, on a de grosses qualités et des individualités aussi derrière, on a des joueurs à la charnière brillants. C’est vers ça qu’on travaillait depuis deux semaines, et bien sûr la satisfaction de remporter encore un match à Aimé-Giral avec notre public, c’est incroyable, et face au second du championnat. Quarante points forcément, pour nous, c’est plus que positif. »
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