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Dylan Pietsch, nouvelle fierté du peuple aborigène : « Je ne le prends pas à la légère »


L'ailier australien Dylan Pietsch auteur d'un essai contre l'Irlande lors du Championnat des Nations 2026. (Photo by Asanka Ratnayake - Nations Championship/Nations Championship via Getty Images).
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Si les Maoris sont légion sous le maillot des All Blacks, très peu d’Aborigènes ont porté les couleurs des Wallabies. Seuls quinze au total dans toute l’histoire du rugby aussie, avec pour dernier porte-drapeau l’ailier Dylan Pietsch, qui sera titulaire contre le XV de France samedi à Brisbane.

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Ce rendez-vous aura une saveur particulière pour le numéro 11 de la Western Force, en pleine « NAIDOC week », cette semaine de juillet dédiée aux premières nations de ce pays-continent : les Aborigènes et les habitants des îles du détroit de Torres.

« Cette semaine est quelque chose d’énorme dans notre pays, et je sais combien Pietschy est motivé », a confirmé vendredi Harry Wilson, le capitaine australien, à la veille du choc de la deuxième journée du Championnat des nations au Suncorp Stadium.

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« Porter ce maillot spécial, c’est quelque chose pour nous, a-t-il insisté, montrant les motifs sur les épaules de sa tunique or et vert. Dylan nous a expliqué la signification de ces signes et il nous a montré ce cercle, ce 15e cercle, qui le représente lui. Je sais combien nous sommes fiers de le voir ainsi, sur ce maillot, et j’espère vraiment que nous allons signer une performance avec lui. »

De Ramalli à Beale avant Pietsch

Depuis Cecil Ramalli en 1939, ils ont donc été 15 seulement à représenter dans l’équipe d’Australie ces premières nations arrivées il y a quelque 50 000 ans, bien avant le débarquement de James Cook et des premiers colons britanniques, en 1770. Dont quelques stars, comme Wendell Sailor, auteur de 13 essais en 37 sélections, ou le fantasque Kurtley Beale et ses 95 capes.

Sport des riches, pratiqué principalement dans les très chics écoles privées de Sydney ou Brisbane, le rugby à XV échappe aux enfants des communautés aborigènes, souvent plus pauvres.

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Difficile par exemple de se payer les 30 000 dollars australiens (18 000 euros) de scolarité au Saint Joseph’s Nudgee College, le camp d’entraînement des Bleus lors de leur première semaine à Brisbane. Un site magnifique dont les dix terrains d’entraînement et leurs pelouses manucurées font la fierté du pays.

Mais s’il est un nom qui symbolise les Aborigènes dans le rugby à XV australien, c’est celui des frères Ella, Garry, Glen et surtout Mark, ouvreur des mythiques Wallabies 1984, les premiers à avoir signé un grand chelem dans les îles britanniques.

Membre du clan des Wiradjuri, Dylan Pietsch porte en lui tout cet héritage, comme il l’a expliqué sur le compte Instagram des Wallabies, à quelques jours du match. « Représenter ma culture est une des choses dont je suis le plus fier, et je ne le prends pas à la légère. Représenter l’Australie à VII aux JO de Tokyo, c’était déjà fou, mais être le 15e, c’est la plus grande chose de ma carrière. Sur ma table de nuit, j’avais la liste des 14 Wallabies aborigènes, depuis Ramalli. La liberté avec laquelle ils jouaient, les Andrew Walker, les Kurtley Beale, c’est incroyable. Et maintenant être le 15e, et avoir ce cercle ajouté sur le maillot, c’est encore meilleur. »

Un artiste sur le terrain et en dehors

Sélectionné pour la première fois avec les Wallabies en juillet 2024, Pietsch est aussi artiste peintre hors du terrain, sous le label Wulwaay. Après avoir décoré les chaussures de ses partenaires lors des JO de Tokyo à VII, en 2021, il a aussi dessiné les maillots de nombreuses équipes, pour les Waratahs par exemple, et même les Wallabies lors de la Tournée 2025 des Lions.

La tunique qu’il portera samedi contre les Bleus a, elle, été dessinée par Dennis Golding, artiste du clan des Kamilaroi-Gamilaraay. Inauguré pour la première fois par les Wallabies le 21 octobre 2017, contre les All Blacks, dans ce même Suncorp Stadium de Brisbane, ce maillot a ensuite été porté à plusieurs reprises, et notamment en Coupe du monde, contre l’Uruguay en 2019 au Japon.

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Cette reconnaissance envers les premières nations australiennes a un impact réel, selon Garry Ella: « De jeunes Aborigènes sont en train de percer, et eux aussi veulent porter ce maillot et jouer pour les Wallabies. Il a vraiment un effet. »

Les performances de Pietsch, auteur de six essais en huit matchs de Super Rugby cette saison et encore marqueur samedi dernier contre l’Irlande, sont de nature à inspirer la nouvelle génération et amener, dans un futur plus ou moins proche, un seizième Aborigène sous le maillot vert et or des Wallabies.

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