Comment le Racing est passé de 4 à 0 point en moins de trois minutes
Le Racing 92 a été un cheveu de donner une toute autre tournure à sa fin de saison. Venus à Pau pour la 20e journée de Top 14 avec l’intention d’y faire un coup et tombés sur une Section patraque, les Franciliens ont cru pouvoir faire tomber le Hameau pour la première fois de la saison et valider une entrée en force dans le top 6. Leur tristesse au coup de sifflet final était à la hauteur de leurs espoirs foudroyés en un rien de temps (27-17).
Jamais durant les 78 premières minutes du match les Palois n’ont été devant au tableau d’affichage. Menés 10-3 au bout d’une première période marquée par une forte stérilité offensive, puis breaké en début de seconde période (3-17), les Béarnais ont fini par réagir sans pour autant récupérer de la continuité dans le jeu mais ont trouvé leur salut dans l’indiscipline des Ciel et Blanc.
Le Racing puni par son indiscipline
Passé entre les gouttes après un premier carton jaune en première période adressé à Wame Naituvi (19e), le Racing a été réduit une deuxième fois à quatorze dans le dernier quart d’heure à cause d’un plaquage haut de l’ancien Palois Lekima Tagitagivalu (68e). Revenus à portée de fusil dans les dix dernières minutes grâce à une pénalité d’Axel Desperes, les Palois ont poussé pour empocher la mise, toujours avec maladresse à l’image d’un lancer pas droit à 10 mètres de l’en-but adverse (75e).
À la seizième pénalité sifflée contre les visiteurs, à 5 mètres de leur en-but sous les poteaux, Pau l’a jouée à la main. Après cinq temps de jeu à pilonner la ligne d’en-but altoséquanaise, le flanker neo-zélandais Luke Whitelock a inscrit en force l’essai libérateur pour son équipe et ses supporters, très précisément après 78’36 de jeu.
Axel Desperes, titulaire de dernière minute, a attendu le bout du temps imparti pour transformer, à dix-huit secondes du gong. Restait donc le renvoi à taper et un ultime espoir pour le Racing de le récupérer et d’aller chercher la pénalité ou le drop du nul, voire l’essai de la gagne.
L’INCROYABLE ESSAI DES PALOIS À LA 80ÈME MINUTE 🤩
Pau s’impose à domicile face au Racing dans les dernières minutes 🤯 #SPRA92 pic.twitter.com/OahVCFRGGI
— CANAL+ Rugby (@CanalplusRugby) March 28, 2026
Un dernier essai palois discuté
Antoine Gibert a botté sur le côté d’Aaron Grandidier, pas sa meilleure idée de la journée. L’ancien septiste, roi des airs, s’en est saisi au-dessus de Gaël Fickou, a mis le gaz et, sentant qu’il n’en avait pas assez pour conclure, à transmis à Émilien Gailleton qui a lui fini en deux fois, treize secondes après la sirène.
Interpelé, l’arbitre Pierre Nuchy a alors vérifié deux situation sur l’action. La première, un potentiel écran d’Hugo Auradou sur Gaël Fickou qui aurait pu offrir la pénalité du nul au Racing a vite été écartée. La deuxième a pris plus de temps à être tranchée. Sur la dernière passe de Grandidier, le ballon voyage vers l’avant et la première impression de l’arbitre de champ tend vers un en-avant. Après plusieurs ralentis, il revoit son jugement, estimant que les mains de l’ailier palois sont orientées vers son camp et que c’est l’inertie qui a fait progresser le ballon vers l’avant.
Les Racingmen ne l’ont évidemment pas entendu de cette oreille. Et pour cause, ces deux essais coup sur coup ont ruiné les efforts d’un match (presque) entier, les faisant passer de quatre à zéro point en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
« Cette défaite ne représente pas l’investissement de certains dans le collectif, mais tant qu’on aura des joueurs qui se feront plaisir, qui sortiront du cadre, on ne gagnera jamais rien. » a pesté leur manager Patrice Collazo après la rencontre.
Une frustration qu’ils devront désormais digérer pour tenter de raccrocher le wagon de la phase finale.