Antoine Dupont : un seul être vous manque et tout part en live

Par Willy Billiard
Antoine Dupont regarde la mêlée pendant le match de Top 14 entre le Stade toulousain (Toulouse) et l'Aviron bayonnais (Bayonne) au stade Ernest-Wallon de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, le 3 février 2024. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP) (Photo by LIONEL BONAVENTURE/AFP via Getty Images)

Quoiqu’il fasse, ou pas, Antoine Dupont est omniprésent. Si personne n’osait trop l’évoquer jusqu’à présent, plusieurs voix se sont fait entendre ces derniers jours pour mettre les pieds dans le plat, n’hésitant pas à faire le lien (l’amalgame ?) entre la défaite (des Bleus 17-38 à Marseille face à l’Irlande) et l’absence (d’Antoine Dupont).

Berbizier : les gens ne peuvent pas comprendre

Pierre Berbizier, ancien sélectionneur du XV de France (et qui n’est pas un grand fan du sélectionneur Galthié), est parti le premier : « Je pense qu’il aurait été important pour l’équipe de France que le capitaine du XV de France soit présent pour lancer un nouveau cycle, quitte à s’adapter », a-t-il évoqué sur France Info.

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« Les gens ne peuvent pas comprendre. Aujourd’hui (samedi soir, ndlr) il va jouer avec le Stade toulousain. Imaginons que Kylian Mbappé refuse de jouer avec l’équipe de France et joue le lendemain avec le PSG… Quelle image aurait les gens des footballeurs français ? »

L’autre à enchaîner sur le même sujet, c’est Vincent Moscato dans l’émission rugby de RMC Sports la plus écoutée sur les ondes. « Avant le match contre l’Irlande, des trucs commençaient à fleurir en demandant pourquoi il ne fera pas quand même le Tournoi puisqu’il joue en championnat », s’est-il agacé dans le Moscato Show.

« Ça sert à quoi ? Il se fatigue autant en championnnat que dans un match du Tournoi. Il peut autant se blesser avec le Stade Toulousain qu’en équipe de France. Il peut s’user autant avec l’un qu’avec l’autre. La question a été posée de savoir pourquoi il ne faisait pas l’Irlande, qui est le plus dur, puis enchaîner avec l’Ecosse avant de laisser sa place. »

Particulièrement brillant à Toulouse

Effectivement, à Ernest-Wallon samedi soir, le lendemain de la déculottée, Antoine Dupont n’est pas passé inaperçu. Pour son dernier match avec Toulouse avant de rejoindre l’équipe de France de rugby à sept pour les étapes de Vancouver et Los Angeles des HSBC SVNS Series, il a cruellement manqué à l’équipe de Fabien Galthié.

Lors de la victoire 46-26 de Toulouse sur Bayonne, le meilleur joueur du monde (27 ans, 52 sélections) a produit des moments magiques. Il n’est pas déraisonnable de penser que la passe décisive de Dupont pour l’essai de Pierre-Louis Barassi lors de la dernière action du match ne pourrait être reproduite par personne d’autre sur la planète.

La percée, la passe et le coup de pied croisé sont autant d’éléments qui expliquent pourquoi tant de gens considèrent même Dupont comme l’un des plus grands joueurs de tous les temps.

Cette passe décisive était tellement bonne que sa pichenette d’une main pour mener à l’essai Pita Ahki en première période n’a rien d’extraordinaire en comparaison, et c’était déjà un exploit en soi.

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Curieusement, Dupont a lui-même marqué un essai lors de ce match, en s’échappant pour courir sans opposition depuis les 30 mètres, mais il a été éclipsé par d’autres réalisations.

Pour rendre sa performance encore plus remarquable, il jouait au poste de demi d’ouverture au lieu de celui de demi de mêlée, qui lui est plus familier.

Moscato : c’est quoi ces lubies de choisir ?

Brillant avec Toulouse, pourquoi n’a -t-il pas commencé le Tournoi ? « Qu’est-ce que c’est que ces lubies de choisir. C’est quoi, c’est un sport amateur que l’on fait ? », a tonné Vincent Moscato.

« C’est une randonnée équestre avec des amis à la campagne et le dimanche on va dire que l’on ne vient pas parce qu’on a choisi d’aller faire du poney ? On est chez les fous ou on est chez les professionnels ? On est dans un milieu professionnel ou dans un milieu de branleurs ? N’ayons pas peur des mots. C’est quoi cette histoire que les agents ont choisie, peut-être pour les sponsors, d’être l’effigie et de faire les Jeux olympiques. Je le comprends, qu’il fasse les Jeux olympiques cela ne me dérange pas du tout mais qu’il fasse le Tournoi. »

On s’attendait à ce que la France soit en difficulté sans son totem, mais personne ne savait à quel point elle le serait jusqu’à ce que cela devienne trop évident au Stade Vélodrome, même si Paul Willemse a écopé d’un carton rouge.

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Les vidéos de la prestation de Dupont ne seront pas très agréables à regarder pour la France qui se prépare à affronter l’Ecosse ce week-end à Edimbourg. La seule consolation est qu’il reviendra un jour.

Il est grand temps qu’il se mette au 7 s’il veut réussir

En attendant, il vient d’intégrer le groupe de France 7 pour un stage du 5 au 9 février à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) pour préparer les deux prochaines étapes du circuit mondial, celle de Vancouver (du 23 au 25 février) et celle de Los Angeles (du 1er au 3 mars). Sa présence est ô combien indispensable s’il veut réussir son projet olympique.

Et ce n’est pas sa petite virée de moins de 24h en janvier avec les hommes de Jérôme Daret qui va lui permettre d’y arriver, tout génie qu’il soit. A l’autre bout du monde, même si on n’est pas sur le même profil, alors qu’il s’entraîne plus régulièrement avec l’équipe nationale, Michael Hooper n’a pas encore réussi à passer le cut de la sélection avec l’Australie.

Son entraîneur John Manenti a eu le courage de le recaler pour le tournoi à domicile à Perth fin janvier – alors que d’un point de vue marketing l’impact aurait été brillant ! – et laisse entendre qu’il pourrait ne pas être suffisamment prêt pour la tournée en Amérique du Nord. Imagine-t-on Jérôme Daret faire de même avec Antoine Dupont ?

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