Finalement, Mayol s’est rangé derrière Toulon
Réduit à quatorze dès la 7e minute par le carton jaune de Kyle Sinckler, Toulon a malgré tout réussi à tenir sa ligne puis à battre le Racing 92 (29-15), samedi 10 octobre à Mayol, en Top 14. Quelques jours après le départ de Pierre Mignoni, le stade, que l’on attendait inamical, a fini par encourager ses joueurs.
Un stade que l’on attendait sévère envers ses joueurs
Avant-dernier du championnat avec une seule victoire au compteur en cinq journées (contre Vannes lors de la quatrième journée), le RCT accueillait le Racing 92 pour la 6e journée de Top 14, quelques jours après le départ de son directeur du rugby Pierre Mignoni. Le 4 octobre, il avait perdu 28-0 à Montpellier.
Le public de Mayol, que l’on disait prêt à se montrer sévère, s’est finalement rangé derrière ses joueurs. L’entraîneur Franck Azéma, désormais seul aux commandes de l’équipe, en a fait lui-même le constat. « Quand les supporters ont vu que les mecs se retroussaient les manches et mettaient beaucoup d’engagement, ils nous ont suivis », a repris l’entraîneur toulonnais. « Sur ces matchs, tu as besoin de te prouver à toi-même à quoi tu ressembles et vers quoi tu veux aller. »
« J’ai senti qu’on avait vraiment envie collectivement… et ça fait plaisir », a confié le talonneur Teddy Baubigny après la rencontre. « On avait la pression. Ce n’est pas acceptable de voir le RCT à la 13e place. Mais aussi la pression par rapport à Pierre. Son départ nous a fait mal et on voulait que son sacrifice, ou sa décision, serve à quelque chose. Je continue de penser que ce n’était pas la solution, mais il faut avancer, on n’a plus le choix maintenant. »
Dixième, devant le Racing
Toulon remonte à la dixième place, devant le Racing 92 qui s’incline pour la quatrième fois de la saison. La suite se jouera en Europe, avec la Challenge Cup à Édimbourg le week-end prochain pour les Varois et un déplacement à Munster en Champions Cup samedi soir pour les Franciliens de Patrice Collazo.
« Ce n’était pas une semaine facile pour nous, concédait Gaël Fickou, le capitaine du RCT. « Il y a eu beaucoup de remise en question après Montpellier à cause de notre performance puis il y a eu le départ de Pierre (Mignoni) qui est quelqu’un de très important (…) Ce soir tout n’a pas été parfait, honnêtement, mais il y a du mieux, notamment dans l’agressivité et l’intensité. »
Un quart d’heure à quatorze
Tout n’a pas été parfait en effet car par deux fois le RCT s’est retrouvé à quatorze, au début de la rencontre avec le carton jaune de Kyle Sinckler (7e), puis en toute fin de match avec celui de Quere Karaba (74e). Soit un quart d’heure en tout pendant lequel Toulon a tenu bon. Aucun point n’a été encaissé sur cette période.
Ce début de match, compliqué, trahissait la fébrilité des Toulonnais. Les gros plaquages de Junior Kpoku, David Ribbans, Charles Ollivon et Juan Ignacio Brex ont pourtant installé une tension suffisante pour entraîner Mayol derrière eux.
Tomas Albornoz a réussi ses sept tentatives (100 %), à la place de Melvyn Jaminet, écarté pendant la semaine après de mauvaises performances. Faute de confiance, Toulon visait les poteaux à chaque pénalité au lieu de jouer des touches dans le camp adverse, et menait 26-10 à la 67e minute. Les avants avaient lancé la rencontre, avec les essais de Jean-Baptiste Gros puis de Teddy Baubigny (27e, 14-0).
Le Racing 92 a pourtant marqué à la demi-heure et repris l’ascendant par moments, sans rendement (1,5 point par entrée dans les 22 mètres sur l’ensemble du match). Nathan Hughes l’a rapproché au score (70e), puis les Franciliens ont poussé jusqu’au coup de sifflet final sans parvenir à renverser la situation.
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