Le paradoxe de l'UBB : efficace en Champions Cup, à la peine en Top 14
Qualifié pour une deuxième finale de Champions Cup d’affilée dimanche 3 mai grâce à son succès devant Bath, Bordeaux-Bègles a confirmé entretenir une « relation spéciale » avec cette compétition, où elle évolue avec plus de brio que dans un Top 14 à l’issue incertaine.
Dimanche, comme toujours en Champions Cup, le réservoir de l’UBB était plein. De bonnes intentions, de l’énergie, de la bravoure, et les Anglais de Bath, comme 14 autres équipes avant eux depuis deux ans, en ont fait les frais et ont fini par caler (38-26).
Les Anglais, qui se présentaient avec la deuxième meilleure attaque de la compétition derrière… l’UBB, ont inscrit quatre essais – un de moins que les Girondins – alors qu’ils ont dominé la possession, le territoire mais pas les zones de marque. Ce domaine, essentiel, c’est l’apanage des Français.
Une efficacité en attaque comme en défense
Déjà rois des « offloads » (18 à 7) et des franchissements (18 à 5), ils ont été d’une froide efficacité en attaque (24 points marqués à la pause sur 4 entrées dans les 22m adverses). Et ils ont aussi su être solidaires et efficaces en défense, avec 100 plaquages de plus que Bath (à 90% de réussite contre 76% pour les champions d’Angleterre), des grattages (Salesi Rayasi, Maxime Lucu, Arthur Retière) et des contres en touches (Cameron Woki) à certains moments charnières.
« Cette compétition nous tient à coeur, on arrive à répéter les grosses performances. Je ne sais pas si c’est l’atmosphère, l’arbitrage, mais elle nous correspond énormément, on le voit par nos performances », résumait le talonneur Maxime Lamothe.
Avant la rencontre, son manager Yannick Bru avait évoqué la « relation spéciale » entre le club bordelo-béglais et la plus prestigieuse des compétitions de clubs européenne. « Il faut aussi fêter nos victoires et accepter ces moments de plaisir, surtout à l’issue de combats comme ça. L’UBB s’est construite là-dessus », a-t-il reconnu après le succès des siens. –
Plus poussifs en Top 14
Cette saison plus que les deux précédentes, les Girondins assument leurs deux visages. Quasi injouables sur la scène continentale où ils savent se sublimer, se métamorphoser avec un don de soi qui en dit long, ils deviennent irréguliers et poussifs sur la scène hexagonale où ils attendent leur heure, si elle arrive.
« D’ici 48 heures, poursuivait Bru, il sera temps de se replonger dans le Top 14, c’est-à-dire au fond de la piscine car on a des boulets attachés aux chevilles (sourire). Il va falloir remonter à la surface ».
A quatre journées de la fin du Top 14, Maxime Lucu et ses coéquipiers pointent à la 6e place, un strapontin quasi éjectable s’ils n’engrangent pas au moins trois victoires d’ici le 7 juin, soit au moins une à l’extérieur. Cette nouvelle séquence commencera samedi 9 mai par un déplacement à Bayonne, 12e et sans aucune espérance d’ici le terme de la saison.
Les prochaines échéances
Une cible presque idéale si on rappelle que l’UBB s’est imposée cette saison hors de ses bases à Montauban (14e), Perpignan (13e), Lyon (11e) et Castres (10e). Cinq à la suite?
Mais le staff bordelo-béglais aura des choix à faire, comme souvent, pour reposer les corps et préparer au mieux la finale face au Leinster dans trois semaines à Bilbao qui accapare déjà les têtes. « On a hâte du 23 mai », se projetait ouvertement l’ailier Louis Bielle-Biarrey, auteur face à Bath de son 8e essai dans la compétition (il a rejoint le Toulonnais Gaël Dréan en tête des marqueurs).
« Rentrer en finale pour partir vaincu, on l’a déjà vécu quelques fois dans une autre compétition (face à Toulouse en Top 14 en 2024 et 2025), ça laisse un sentiment violent », prévenait de son côté Bru, qui purgera dans son ancien jardin de Jean-Dauger son second match de suspension.
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