Emilien Gailleton, le centre discret mais indispensable des Bleus et de Pau
Modeste mais ambitieux : retenu pour affronter les Gallois dimanche 15 février à Cardiff, Emilien Gailleton n’a pas renoncé à arracher sa place de titulaire au sein du XV de France, à un poste de centre où la concurrence fait rage.
« C’est vrai que je ne m’attendais pas forcément à rejouer aussi vite », a reconnu mercredi auprès de l’AFP le jeune Palois, deux matchs seulement dans les jambes depuis sa blessure fin novembre contre La Rochelle. « Mais il y a eu des blessés et j’ai bénéficié un peu de l’opportunité ».
Père français mais mère anglaise, Emilien aurait pu porter le maillot du XV de la Rose. Mais c’est à Cahors que le gamin né à Croydon dans la banlieue de Londres a découvert les rebonds ovales, à l’âge de cinq ans. Et c’est donc sous le maillot bleu qu’il va jouer, pour la deuxième journée du Tournoi des Six Nations, profitant des forfaits des titulaires contre l’Irlande, les Bordelais Yoram Moefana et Nicolas Depoortere.
Premier match professionnel avec Agen à 18 ans, capitaine de la Section paloise à 21 ans, plus jeune joueur à inscrire 25 essais en Top 14, à l’âge de 21 ans, 7 mois et 2 jours, Gailleton était sous les radars des Bleus depuis quatre ans, quand il avait fini meilleur marqueur d’essais en championnat lors de la saison 2022-2023, avec 14 réalisations en 24 matchs.
De quoi frôler la sélection pour la Coupe du Monde de Rugby 2023. Mais, 11 sélections en bleu plus tard, le patron de la ligne de trois-quarts de la Section paloise a parfois semblé prendre un coup de vieux, à 22 ans à peine, face à l’explosion d’autres gamins irrévérencieux comme Depoortere (23 ans) ou le Toulousain Kalvin Gourgues (21 ans).
Et le vivier bleu semble inépuisable, avec en prime la concurrence de son camarade de Pau Fabien Brau-Boirie (20 ans) et du Parisien Noah Néné (21 ans). Sans compter les anciens comme le Racingman Gaël Fickou et ses 98 sélections, à 31 ans, ou encore le Toulousain Pierre-Louis Barassi (27 ans, 10 sel.).
Forte concurrence au poste de centre
« Il y a énormément de monde, surtout au poste de centre, et c’est sûr que la concurrence ça peut être à double tranchant. Soit on arrive à la gérer, soit la pression prend le dessus », expliquait-il mercredi à l’AFP, ajoutant: « Mais il faut juste se faire plaisir, jouer son match, avec beaucoup d’énergie, de plaisir, pour ne pas avoir de regrets ».
« Emilien c’est un compétiteur, il affiche ses ambitions », a confirmé jeudi Fabien Galthié en annonçant son XV de départ contre les Gallois : « Il a toujours saisi les opportunités et il a rarement et même jamais déçu ».
Né au rugby à Cahors, formé ensuite à la prestigieuse école agenaise, puis peaufiné à la Section paloise sous les ordres de Sébastien Piqueronies, Gailleton n’est pas un joueur de coup d’éclats, comme son modèle, le centre All Black Conrad Smith (94 sélections), passé par Pau en fin de carrière.
« C’est vrai qu’on arrive à briller cette année. Mais il y a encore énormément de travail, parce qu’on n’a encore rien fait »
« Un joueur un peu plus de l’ombre », décrit le centre palois, « ce n’était pas forcément lui qui allait créer les décalages, qui allait faire des offloads, mais il était toujours dans les bons coups, très solide en défense. Donc voilà, j’essaie de me retrouver dans ces aspects-là ».
Sous la lumière du stade de Cardiff, Gailleton partagera l’affiche dimanche avec Fabien Brau-Boirie à ses côtés, et un autre enfant de la Section, Théo Attissogbe, 21 ans, sur une aile. Une consécration pour le club béarnais, actuel dauphin du Stade toulousain en Top 14, qui avait huit représentants au total parmi les 42 appelés pour préparer le match contre les Gallois.
« C’est vrai qu’on arrive à briller cette année. Mais il y a encore énormément de travail et de choses à accomplir, parce qu’on n’a encore rien fait », insiste-t-il : « Il faut rester les pieds sur terre et bien travailler ! ».
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