Motivation, émulation, voire peur ? Depuis l’arrivée de Yannick Bru à la tête de Bordeaux-Bègles en 2023, la Champions Cup sublime des Girondins aux statistiques affolantes dans cette compétition. À vérifier dimanche 11 janvier face à Northampton.
Sur le papier, « c’est un des premiers gros rendez-vous sexy de l’année », a résumé le manager bordelais mercredi, en conférence de presse. Une revanche alléchante de la finale remportée en mai par l’UBB (28-20), face à des Saints qui seront « dans la position du chasseur » : « Ils vont forcément le présenter comme ça », a prédit Yannick Bru, « j’espère qu’on aura peur de Northampton ».
Dans les faits, on ne reçoit pas tous les jours le leader de la Premiership, auteur de 51 essais en sept matchs de championnat d’Angleterre. Une équipe truffée d’internationaux (Tommy Freeman, Fin Smith, Alex Coles, Henry Pollock, Alex Mitchell, George Furbank, Ollie Sleightholme), qui vient d’étriller les Harlequins (66-21) en guise de préparation du choc de dimanche à Chaban-Delmas, en écho au 62-20 infligé dans le même temps par l’UBB au Racing 92.
Des scores coutumiers pour ces deux équipes mais surtout pour le tenant français en Champions Cup, compétition qui, depuis deux ans maintenant, sied vraiment à son ADN. Avec notamment les records d’essais sur un match (6) et sur une saison (14) désormais propriétés de Damian Penaud.
Pour l’UBB, 45 points de moyenne à chaque match
En 16 matchs disputés (six en 2023-2024, huit la saison dernière, deux cette saison), Bordeaux-Bègles tourne à 45 points de moyenne et 6,6 essais par match, avec jamais moins de quatre essais inscrits, et ce une seule fois, lors de la finale de Cardiff face à ces mêmes Saints.
Quant au jeu pratiqué par sa Patrouille de France – amputée dimanche de Maxime Lucu (entorse du genou) derrière la mêlée et peut-être de l’arrière Romain Buros (ménagé mercredi) -, fait de vitesse, de connexions, « où règne une très bonne atmosphère, avec de la confiance dans le système et dans les hommes » (Bru), il est devenu une référence.
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Et quand on lui adjoint une dose de puissance devant, comme dernièrement avec les retours du pilier droit tongien Ben Tameifuna et du 3e ligne Springbok Jean-Luc Du Preez, en attendant celui imminent du 2e ligne australo-tongien Adam Coleman (2,07 m), cela peut donner un cocktail détonant.
« Je suis vraiment content qu’on rentre du monde, ce sont des bons problèmes, des problèmes de riches. C’est bien de pouvoir panacher. Avec tout le staff, on commence à avoir plusieurs cordes à notre arc. Le collectif se remplit et le coaching peut jouer son rôle », s’est félicité Yannick Bru, qui compte sur l’émulation pour changer l’approche psychologique de son équipe, inconstante depuis le début de saison en Top 14.
Après le match face au Racing 92, où l’UBB était encore menée 20-15 à la 50e minute, l’ancien talonneur concédait que son équipe « a du mal à se motiver pour des matches qui ne sont pas super sexy, comme un 27 décembre à Clermont par -3 °C, alors qu’on arrive à donner le meilleur de nous-mêmes quand on se sent vraiment en danger ».
« Je suis vraiment content qu’on rentre du monde, ce sont des bons problèmes, des problèmes de riches. Avec tout le staff, on commence à avoir plusieurs cordes à notre arc. Le collectif se remplit et le coaching peut jouer son rôle… »
« En ce moment, on se bat contre ça. J’espère qu’à force de se gameller à l’extérieur (NDLR : cinq défaites en sept matchs en Top 14, un seul bonus défensif décroché), ça rentrera dans le mental de nos joueurs », a insisté le technicien : « Sinon, je n’ai même pas envie de parler d’objectifs. On ne jouera jamais à notre plein rendement et on aura beaucoup de remords dans quelques mois ».
Face aux Saints, qui ont parfaitement débuté la compétition en allant s’imposer au Hameau de Pau (35-27), bastion inviolé en Top 14 cette saison, l’UBB sait donc à quoi s’attendre. « Notre plus gros ennemi, parfois, c’est nous-mêmes, a rappelé Yannick Bru. Donc restons les pieds bien accrochés sur terre ».
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