34 ans après son dernier match avec le BO, Serge Blanco devient le maire de Biarritz
Serge Blanco a remporté son match électoral à Biarritz. Après avoir déjà mis un pied dans la politique du rugby en devenant le premier président de la LNR en 1998, l’ancien arrière aux 93 sélections avec le XV de France a obtenu une nouvelle victoire dans la ville balnéaire basque. En tête du deuxième tour de l’élection présidentiel avec 41,92% des suffrages, il devance en effet la maire sortante Maider Arosteguy (LR), qui a récolté 32,21% des voix et Ana Ezcurra (union de la gauche), troisième (25,87%), et devient le nouveau maire de Biarritz.
Un nouveau virage dans le parcours chaloupé de la légende du XV de France.
« Ma démarche aujourd’hui n’est ni celle d’un homme isolé, ni celle d’un caprice ou d’un coup de tête. C’est d’abord celle d’un enfant de Biarritz », disait-il le jour de l’annonce de sa candidature début décembre.
Né en 1958 à Caracas, il est arrivé dans la cossue cité basque deux ans plus tard avec sa mère, après la mort de son père vénézuélien.
Il y découvre le rugby et un club, le Biarritz olympique… Le seul de sa carrière, avec lequel il a échoué en finale du Championnat de France en 1992 face à Toulon (défaite 19-14), pour ses adieux aux terrains.
« Je n’ai jamais porté que les couleurs du BO et c’est ma fierté. Je suis l’homme d’un seul club », clamait-t-il dans Mes rebonds favorables, son autobiographie parue en 2019.
Le « Pelé du rugby » star des années 80
Malchanceux en club, Serge Blanco écrit sa légende en sélection, au fil de 93 capes, 18 capitanats et 38 essais, un record seulement dépassé par Damian Penaud (40) en novembre 2025.
Numéro 15 dans le dos, il électrise les défenses d’un crochet déroutant ou d’une course folle, à l’image de son essai face à l’Australie en 1987, qui qualifie la France pour la finale de la toute première Coupe du monde. Poursuivi par quatre Wallabies, il plonge dans l’angle à la 85e minute. Puis célèbre, à genoux, ballon au-dessus de la tête.
Si le XV de France est battu en finale par la Nouvelle-Zélande, il remporte six Tournois des Cinq Nations dont deux Grands Chelems (en 1981 et 1987) au cours de cette décennie 1980 éclaboussée par le talent de Blanco.
Un jongle avec le ballon (face au Pays de Galles en 1989) ou une traversée solitaire du terrain (Australie en 1990) lui valent, malgré lui, le surnom de « Pelé du rugby ».
Il quitte les Bleus au soir d’une défaite rageante, ponctuée de coups, en quart de finale de la Coupe du monde 1991 face à l’Angleterre, qui l’avait « ciblé » pour faire dérailler le XV de France.
13 juin 1987. Le XV de France défie l’Australie chez elle en demi-finale de la première Coupe du Monde de rugby. Les collégiens qui, comme moi, rentraient à 9h, ont pu voir l’essai victorieux de Serge Blanco, au bout du bout des prolongations pic.twitter.com/KHKD2dF4Qk
— Perdants magnifiques (@TousPoulidor) June 13, 2024
D’ouvrier à entrepreneur
Il se reconvertit d’abord dans les affaires. Après avoir débuté comme tourneur, ajusteur et monteur chez Dassault, en parallèle de sa carrière alors amateur de rugby, puis intégré les relations publiques du groupe Pernod, il prend la tête d’un centre de thalassothérapie à son nom à Hendaye, près de Biarritz, avant même de raccrocher les crampons.
Il crée aussi une marque de vêtements à succès en 1993 et se lance dans l’hôtellerie, avec un établissement de luxe non loin de l’aéroport de Biarritz. Mais l’aventure se termine mal. En janvier 2020, après plusieurs années de déficit, la holding Serge Blanco, regroupant l’hôtellerie et la thalasso, est placée en liquidation judiciaire.
Le rugby, lui, n’est jamais loin. Premier patron de la toute nouvelle Ligue nationale de rugby de 1998 à 2008, il est aussi président de « son » Biarritz olympique de 1995 à 1998, puis de 2008 à 2015.
Vice-président de Pierre Camou à la Fédération (FFR) de 2012 à 2016, il s’oppose ensuite à ses successeurs Bernard Laporte, puis Florian Grill.
Régulièrement cité à l’approche des échéances électorales locales, il est en revanche longtemps resté en retrait du terrain politique. Jusqu’à sa décision de se lancer début décembre pour « redonner à Biarritz l’élan qu’elle mérite ». Trois mois après, l’essai est transformé, mais le plus dur commence.
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