VIDEO - le grattage de génie de Dupont contre l'Écosse était-il légal ?
Dans le marasme de Murrayfield samedi 7 mars, il y a eu très peu de raisons de se réjouir lors de la défaite de la France 50-40. Malgré tout, une action a fait beaucoup réagir Outre-Manche : lorsque le capitaine Antoine Dupont a gratté un précieux ballon qui allait mener, quelques passes plus tard, à l’essai de Louis-Bielle-Biarrey.
Arrachage de Dupont, un genou au sol
À ce moment de la rencontre, la France est toujours dans le match. On a dépassé le quart d’heure de jeu, la France est menée de 7 points. Une broutille à ce moment-là. C’est là que Bielle-Biarrey va aplatir et revenir à hauteur des Écossais. Mais pour y parvenir, un fait de jeu quasi passé inaperçu va provoquer cette étincelle.
Après une mêlée à 5 mètres de l’en-but écossais, sur introduction de Ben White, le ballon parvient dans les mains du trois-quarts centre Sione Tuipulotu. À quelques centimètres de sa ligne, il est plaqué par Dupont et alors que celui-ci le fait tomber, le capitaine du XV de France parvient à lui arracher le ballon des mains avant de le passer à Oscar Jégou.
Mais alors qu’il est en pleine action, Dupont pose un genou au sol et Tuipulotu est encore debout. Est-ce légal ? Interrogé, l’ancien arbitre international, Nigel Owens, légende du milieu, rend son verdict en se basant sur la règle 14 de World Rugby.
Le verdict de Nigel Owens
« Oui c’est légal, parce que Tuipulotu est toujours debout », affirme Nigel Owens dans le dernier épisode de Whistle Watch. « Maintenant, si son genou touche le sol, alors le plaquage est considéré comme terminé, ou en cours, ce qui signifie que Dupont ne peut plus jouer le ballon.
« Mais vous pouvez arracher le ballon à un joueur avant que le plaquage ne soit effectué. C’est juste un grattage. Mais dès que le corps ou le genou touche le sol, alors c’est un plaquage. Le fait que le genou de Dupont soit au sol n’a aucune importance. Si Dupont s’était d’abord mis à genoux avant d’arracher le ballon, il aurait été exclu du match. C’est différent.
« Mais ce qu’il fait, c’est qu’il l’attrape, et alors qu’il s’apprête à le plaquer, ses genoux touchent le sol et l’arrachage est tout à fait légal. La seule chose que je me suis dit, c’est que peut-être, quand il a arraché le ballon, est-ce que le ballon est allé vers l’avant, puis est revenu vers lui ? Car il est évident que le ballon revenait vers la ligne d’essai française. Ce serait la seule chose, peut-être, mais on ne pouvait pas le voir. Donc tout était légal et tout allait bien. »
À quelques dixièmes de secondes près, Antoine Dupont a réussi son coup et remis la France dans le match. La légende raconte que même Ben White n’a rien su dire sur ce coup-là… Portés par cet essai de Louis Bielle-Biarrey, les Bleus iront jusqu’à mener 14 à 7 à la mi-temps de la première mi-temps. Mais le coup d’éclat s’arrêtera là. Le reste de la rencontre reste de triste mémoire pour tout supporter français.