Seru Uru au Racing 92 : « Quand j’ai commencé chez les Reds, je pesais 98 kg. Aujourd'hui, je pèse 119 kg »
Alors que les joueurs du Racing 92 reprennent de l’activité ce mardi 28 juillet, une des recrues de la nouvelle saison est arrivée en catimini en fin de semaine dernière. Le troisième-ligne polyvalent Seru Uru sera l’une des sensations de la rentrée.
Formé à la dure à la Ratu Kadavulevu School aux Fidji, le colosse (197 cm pour 115 kg) déboule chez les pros en 2019 avec Brisbane City avant d’enchaîner dès 2020 avec les Queensland Reds, où il s’installe vite dans la rotation puis comme cadre avec plus de 70 feuilles, capable de basculer de la deuxième à la troisième ligne sans perdre en impact.
Mobile, actif dans le jeu courant, il se fait un nom dans le Super Rugby par sa régularité et sa capacité à gratter des ballons clés. Au terme de la saison dernière en Super Rugby, il a été l’un des meilleurs joueurs des Reds en touche et l’un des meilleurs passeurs parmi les avants lors du championnat. Passé par les U20 fidjiens en 2016, il tranche ensuite pour l’Australie, franchit le cap via Australia A puis décroche ses premières capes avec les Wallabies en 2024. En 2025, il marque les esprits sous le maillot First Nations & Pasifika XV face aux Lions.
Changement d’hémisphère
Après sept saisons pleines dans l’hémisphère Sud, il change de décor et file au Racing 92 pour la saison 2026-2027 avec l’étiquette d’avant polyvalent prêt à densifier le pack francilien. Un sacré bond en avant pour celui qui n’a jamais changé d’hémisphère. « Au début, je vais sans doute rester en retrait et laisser les autres occuper le devant de la scène. C’est tout moi », dit-il lorsqu’on lui demande comment il appréhende son arrivée dans la capitale.
Seru Uru n’est pas un bavard et il est plutôt du genre à éviter les médias. C’est pas son truc. Mais pour RugbyPass, il a accepté en exclusivité de s’ouvrir un peu avant que ne s’ouvre un nouveau chapitre de sa carrière… dans une autre langue. « Mon français se résume à quelques mots simples… merci, bonjour, café. Je vais suivre des cours de français, c’est sûr.
Je suis content d’être ici et en même temps curieux », sourit-il avant de répondre à quelques questions… en anglais.

Vous quittez les Queensland Reds après sept saisons en Super Rugby : à quel moment avez-vous senti que c’était le bon moment pour partir ?
Seru Uru : J’étais heureux et reconnaissant d’avoir fait partie des Queensland Reds. C’est là que j’ai eu ma première chance dans le rugby professionnel. C’est là-bas que j’ai appris l’essentiel de ce que je sais sur le rugby, grâce aux entraîneurs (Brad Thorn, Les Kiss et leurs assistants), à ma place au sein des équipes et aux entraînements aux côtés des meilleurs joueurs. Je m’y suis fait beaucoup d’amis, et traverser le terrain du Suncorp Stadium sous le maillot des Reds m’a toujours donné un coup de fouet.
Après sept saisons passées chez les Reds, avez-vous le sentiment d’avoir fait tout ce qu’il y avait à faire ? Même avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur (Vern Cotter à compter du 1er août) ?
Quel genre d’entraîneur était Les Kiss, désormais le nouveau sélectionneur des Wallabies ?

Concrètement, qu’est-ce que le Racing 92 vous a proposé – tant sur le terrain qu’en dehors – que vous ne trouviez plus à Brisbane ?
Y a-t-il des joueurs que vous aimeriez rencontrer ou affronter ?
Le Top 14 est réputé pour son intensité physique : en quoi cela diffère-t-il, selon vous aujourd’hui, de votre expérience au Super Rugby ?
Je comprends que le style de jeu sera différent en Top 14, peut-être plus physique. Quand j’ai commencé chez les Reds, je pesais environ 98 kg. On m’a dit de prendre du poids. Je pèse désormais environ 119 kg, je me sens donc à l’aise pour jouer à ce poids.
Vous rejoignez un club qui vise chaque année le titre en France et en Europe : quels objectifs personnels vous êtes-vous fixés pour votre première saison au Racing 92 ?
Mes objectifs consistent simplement à découvrir le club et à m’intégrer au sein du groupe et du staff. La priorité est d’abord de me familiariser avec le style de jeu du Racing. C’est toujours un objectif d’atteindre les phases finales et de remporter des titres. Mais avant d’envisager ça, il faut que je travaille dur et que je trouve ma place dans l’équipe.
On parle souvent du calendrier chargé en France : comment vous préparez-vous mentalement et physiquement pour concilier le Top 14 et la Champions Cup ?
J’ai disputé 13 matchs de Super Rugby cette saison. C’est pas beaucoup, c’est vrai. Pour ma part, j’adore le rugby et tout ce qui se passe sur le terrain. J’aime jouer, donc j’attends ce calendrier avec impatience.

Vous avez déjà évolué au plus haut niveau avec les Wallabies et l’Australie A : que souhaitez-vous apporter de cette expérience à un vestiaire comme celui du Racing ?
Je veux prendre du plaisir à côtoyer les gars du Racing. Je veux nouer de solides liens d’amitié au sein de l’équipe. Je veux être un bon communicant et contribuer à faire progresser l’équipe. Ce sera aussi une belle expérience d’apprentissage pour moi. Je suis dans un nouveau pays et j’ai une nouvelle langue à apprendre.
Le fait de jouer en France vous inquiète-t-il quant à une future sélection chez les Wallabies ? La présence de Les Kiss au poste d’entraîneur principal de l’équipe nationale pourrait-elle peut-être faciliter les choses ?
Je serai toujours prêt si les Wallabies m’appellent. Cette option est toujours d’actualité, mais je me concentre sur le Racing et sur le fait de bien jouer ici.
Vous pouvez évoluer au poste de troisième ligne et de deuxième ligne : comment vous définiriez-vous en tant que joueur, en faisant abstraction de votre numéro de maillot ?
On cherche toujours à enrichir son bagage technique. Je suis toujours prêt à apprendre davantage et à continuer à m’améliorer, c’est ce que je souhaite faire. Oui, le offload fera partie de ce bagage.
Le staff technique vous considère comme un joueur très mobile, capable de porter le ballon et de constituer une menace en touche : sur quels aspects de votre jeu souhaitez-vous le plus progresser maintenant que vous rejoignez le Top 14 ?
On me sollicite principalement en troisième ligne. C’est le poste que je préfère, mais je suis vraiment ravi d’aider l’équipe au poste de deuxième ligne si nécessaire.
Vous êtes né aux Fidji, vous avez grandi et percé en Australie, et vous vous installez désormais en Île-de-France : que représente ce nouveau chapitre pour vous et votre famille ?
Il y a tellement de choses à faire à Paris. Pour moi, la gastronomie sera toujours au cœur de mes préoccupations. Je vais pouvoir goûter à des spécialités françaises. J’ai hâte d’y être. Je vais m’installer seul pendant les premiers mois et ma compagne me rejoindra plus tard dans l’année. Il existe une communauté fidjienne en France. Au Racing, on trouve des joueurs de nombreuses nationalités, j’ai donc hâte de tisser des liens avec des cultures très diverses. J’ai joué avec Taniela (Tupou) chez les Reds, donc cette amitié est déjà là.
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