Plus de 4 mois après avoir mordu une Irlandaise, Axelle Berthoumieu de retour
Ce geste aussi incompréhensible qu’inadmissible lui restera malheureusement collé à la peau. Le 14 septembre 2025, en plein quart de finale de la Coupe du Monde de Rugby féminine face à l’Irlande, la troisième-ligne aile du XV de France Axelle Berthoumieu (25 ans, 30 sélections) est surprise par les caméras en train… de mordre le bras droit de la numéro 8 irlandaise Aoife Wafer lors d’un ruck.

Après la victoire (18-13), la joueuse est convoquée par la commission disciplinaire et lourdement sanctionnée. Sur un post Instagram, elle reconnaît avoir « perdu (s)on sang-froid », présente « (s)es excuses sincères à Aoife Wafer et à l’équipe d’Irlande, à (s)es coéquipières et notre staff, à la FFR ainsi qu’à toutes celles et ceux qui nous soutiennent ». Elle l’affirme : « Ce n’est pas l’image que je veux donner ni la joueuse que je veux être. J’accepte la sanction et j’assume. Le rugby est un sport de respect et ce geste n’a rien à faire sur un terrain de rugby. »
Plus de quatre mois après les faits, la voilà qui devrait faire son retour sur les terrains dimanche 25 janvier, avec les Lionnes du Stade Bordelais à Grenoble pour le compte de la 8e journée de Élite 1 Féminine.
« Elle me retient au sol. Je ne trouve pas de solution pour qu’elle me lâche, je craque et c’est le seul truc que je trouve pour m’en défaire. Au moment où je le fais, je me dis merde… »
Dans un long entretien accordé à nos confrères de Sud Ouest elle revient sur cet épisode, ce qu’elle a fait pendant le temps de sa sanction, ses ambitions. Avec les vacances, l’arrivée dans son nouveau club, ses études et le soutien d’une psychologue, Axelle Berthoumieu a pu surmonter la situation. Mais les images restent.
« Je n’ai pas su gérer mes émotions », relate-t-elle. « Il y a eu un mélange de plein de choses : l’importance du match, une météo horrible, on était en train de perdre et elle me retient au sol. Je ne trouve pas de solution pour qu’elle me lâche, je craque et c’est le seul truc que je trouve pour m’en défaire. Au moment où je le fais, je me dis merde. »
« Ça aurait été pire de rentrer chez moi. Tu sais déjà que tu as fait un truc de merde et tu te retrouves seule avec tout ça. Ma famille a aussi été très présente parce qu’il y a eu une vague de haine sur les réseaux… »
Exclue de la Coupe du Monde, Axelle reste quand même dans le groupe. « Ça aurait été pire de rentrer chez moi. Tu sais déjà que tu as fait un truc de merde et tu te retrouves seule avec tout ça. En restant, j’ai pu les encourager et apporter ce que je pouvais. Les filles et le staff m’ont beaucoup soutenue. Ma famille a aussi été très présente parce qu’il y a eu une vague de haine sur les réseaux. Je savais qu’il ne fallait pas regarder mais ils allaient jusqu’à commenter des photos qui n’avaient rien à voir avec le rugby », révèle-t-elle.
Son coach de Bordeaux, François Ratier, est devenu entre temps le sélectionneur du XV de France. Même si c’est dans « mes objectifs de revenir (…) ça ne garantit rien. (…) Après, j’ai eu peur qu’on ne retienne que ce geste et qu’on oublie tout le reste, donc je pense qu’une nouvelle feuille me ferait vraiment penser que ce n’est pas le cas et clôturerait cet épisode ».