Les Carnets de Tournoi de Morgane Bourgeois : chapitre 5
Ce premier bloc se termine avec sans doute le plus gros match de cette première partie de tournoi : l’Irlande. Une affiche particulière. Notre dernier affrontement remonte au quart de finale de coupe du monde, qui s’est joué à peu, et on imagine toute la rage avec laquelle vont se déplacer les Irlandaises.
On sait à quel point ce match avait été compliqué, intense, disputé jusqu’au bout. Il y a forcément un esprit revanchard chez elles, mais aussi l’envie pour nous de nous mesurer à nouveau à une équipe de très haut niveau.
Vivre le match à distance
Libérée ce week-end-là, je n’étais pas du déplacement. Difficile donc de raconter précisément l’ambiance au Michelin, les derniers instants dans le vestiaire, les causeries d’avant-match ou encore le discours de mi-temps.
Pour autant, je garde un pied dans le groupe. Je suis le match de près, à la télé, en échangeant avec Elsa (Peyras) notamment, et reste en contact avec les filles sur place qui me racontent l’atmosphère, les temps forts, les émotions du bord terrain. Une manière de rester connectée tout en profitant de ce moment pour régénérer un peu.
Une victoire fondatrice
Encore une fois, la première mi-temps est accrochée, disputée, avant qu’on parvienne à faire basculer la rencontre en notre faveur après la pause. Cette victoire compte beaucoup pour la suite : pour la confiance, pour la continuité de notre travail et pour conforter ce que l’on met en place depuis le début du tournoi.
Ce match vient clôturer un premier bloc qui est passé très vite. Le projet de jeu, lui, continue de se construire. Sur les réseaux, j’ai pu lire que l’équipe semblait “prendre plus de plaisir” sur le terrain, et c’est vrai que c’est l’une des directions dans lesquelles on veut aller, alors ça fait plaisir de le lire, et de le transmettre aux supporters.
Un projet en construction
Mettre en place un projet prend du temps, demande des repères et de la continuité, mais on voit déjà de belles choses par séquences.
À mi-tournoi, cette pause tombe au bon moment. Déjà 5 semaines que nous travaillions ensemble. Elle permet donc de régénérer les corps et les esprits avant deux dernières semaines qui s’annoncent intenses. Avec notamment ce gros rendez-vous à Bordeaux, que tout le monde attend : supporters, presse, observateurs…
Une pause stratégique avant l’intensité
Mais au-delà de l’attente extérieure, ce sera surtout un vrai test pour nous.
Avec le recul, ce tournoi est aussi marqué par de nombreuses blessures. Chez nous, avec notamment Gaby et Joanna, mais aussi dans d’autres sélections : les Anglaises sont également touchées, tout comme les Écossaises.
Est-ce l’effet cumulé d’une Coupe du monde particulièrement intense ? Probablement. Cela donne en tout cas une saveur particulière à ce tournoi, qui oblige les équipes à s’adapter, à puiser dans leurs ressources et, au final, à grandir collectivement.
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