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Les 6 vérités de Laurent Marti, après la chute de l'UBB en Top 14

Bilbao, Espagne – 23 mai 2026 ; Laurent Marti, président de l'Union Bordeaux-Bègles, avant la finale de l'Investec Champions Cup opposant le Leinster à l'Union Bordeaux-Bègles au stade San Mamés de Bilbao, en Espagne. (Photo : Brendan Moran/Sportsfile via Getty Images)
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Changement d’ambiance radical dans les rangs de l’UBB en deux semaines de temps, soit entre la folie dans les rues de Bordeaux après la double couronne européenne le 23/24 mai et la déception dans les vestiaires de Chaban-Delmas après leur élimination en Top 14 le 6 juin par Clermont.

Laurent Marti, le président de l’UBB se veut lucide : « c’est la vie d’un club de sport qui sort d’une année magique qui se finit un peu moins bien en Top 14 », a-t-il raconté sur le plateau de TV7, la télé locale de Sud Ouest. A l’entendre faire le bilan de cette saison, le faux pas était inéluctable. C’était juste une question de timing.

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Le chef d’entreprise (il dirige le groupe TopTex) dresse lui-même le tableau d’une défaite systémique plutôt que conjoncturelle. Les facteurs qu’il évoque – volume de matchs record, blessures, internationaux épuisés, priorité mentale donnée à l’Europe – formaient un faisceau de signaux qui rendaient l’élimination quasi inéluctable bien avant la 26e journée.

1. La surcharge de matchs

« Sur les deux dernières saisons, à date, on est le club en Europe qui a le plus joué », affirme Laurent Marti. « Et si vous remontez à la saison d’avant, ça nous fait une moyenne de 35 matchs par saison, à date. Donc si on avait dû continuer, vous imaginez… à un moment donné, y’a pas photo. On sait qu’on a eu beaucoup de blessés, des blessés majeurs. On a eu plus que les années d’avant des joueurs qui ont été beaucoup plus sollicités par les sélections. On l’a bien vu en deuxième mi-temps (contre Clermont, ndlr), il y a eu un effondrement physique, pour moi, et une perte d’énergie terrible.

2. Un mauvais début de saison et des signaux d’alerte en cours de route

« Ce qui est certain, c’est qu’on l’a vu arriver, la gifle », admet Marti qui, à ses débuts, a créé la première entreprise de briquets publicitaires avant de se consacrer au textile. « On voyait bien qu’on avait fait un mauvais début de saison, parce qu’on avait perdu des matchs majeurs au milieu de la saison. Et, si on est honnête, on gagne de justesse à Bayonne, on gagne péniblement contre Perpignan. On voyait qu’on était quand même un petit peu en souffrance, pour toutes les raisons que j’ai expliqué tout à l’heure.

« Et puis une autre chose qu’il ne faut pas nier, et que moi-même j’ai réalisé au fur et à mesure qu’on avançait dans la saison, c’est que dès que la Champions Cup a démarré, on a senti que les joueurs, le staff, et j’ai envie de dire le club – et moi je me mets dedans – étaient totalement excités, parce que cette compétition est magique, est magnifique, elle a un impact international, et qu’on avait pas envie de laisser la place. Donc indirectement, bien évidemment, on a peut-être été un peu trop focus sur la Champions Cup. »

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3. Un championnat de plus en plus resserré

« Vous savez, il y a une chose que j’ai déjà dit mais que les gens oublient : on n’a pas beaucoup plus de moyens que Clermont-Ferrand, on n’a pas beaucoup plus de moyens que Pau. On est dans un peloton avec à peu près tous la même masse salariale. C’est Toulouse qui a plus de masse salariale que les autres », rappelle celui qui est président de l’Union Bordeaux-Bègles depuis 2007.

« On se fixe des objectifs ambitieux, on les affiche, on n’a pas peur de le dire. On dit pas qu’on va y arriver, mais on se fixe des objectifs ambitieux et on y est toujours. Alors avant c’était : “ah oui mais vous avez toujours pas de titre majeur”. Deux, monsieur. Maintenant on nous dit : “c’est pas le Brennus”. Bah oui, on va tout faire pour gagner le Brennus. Mais les autres aussi, et les autres ont les mêmes moyens que nous !

« Et puis il y a un fait qui ne trompe pas, qui pour moi est la statistique la plus parlante de tout ce qui est sorti : l’année dernière il y a six qualifiés, il y a Toulouse et cinq équipes. Cette année, il y a six qualifiés : il y a Toulouse et cinq autres équipes ! Ça prouve bien la densité de ce championnat, et tant mieux. »

 

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4. L’exploit contre les meilleures équipes d’Europe

« Ça fait tâche de se faire éliminer du Top 14. Mais bon, on peut pas oublier les moments qu’on a vécus, le partage avec tous nos supporters. Ce sont des moments magiques qui vont rester gravés. Je pense que ce sont eux qui vont le plus ressortir là, dans les semaines qui vont venir, et qui vont nous rendre forcément revanchard pour le Top 14 », veut croire Laurent Marti, par ailleurs vice-président de la Ligue Nationale de Rugby.

« Mais je m’amusais aussi de voir que, on l’a déjà dit, pour gagner la Champions Cup, il a fallu battre le champion de France en quart, le champion d’Angleterre en demi et le champion de l’URC en finale. Et je regardais la finale de l’URC qui se prépare : ce sera Leicester contre les Bulls, deux équipes qu’on a dû affronter pour gagner la Champions Cup. Et les demi-finales du championnat anglais, il y a Bath, il y a Leicester, il y a Northampton, Northampton-Saints… On a joué trois des quatre demi-finalistes actuels. Ça prouve qu’on a aussi affronté des équipes qui étaient en grande forme cette année. Donc je crois que c’est ça qu’on retiendra. »

5. Le temps de jeu effectif le plus élevé

« Le Top 14 c’est un marathon, y’a pas de note artistique dans le Top 14 », insiste le président. « On a le record du temps de jeu effectif (47 minutes et 35 secondes, ndlr). On fait partie des équipes qui ont le plus marqué d’essais. Mais le rugby français s’en fout de ça.

« Et je veux pas critiquer le fait qu’on mérite plus de gagner parce qu’on est offensif plutôt que basé sur la conquête et la défense. Ça fait partie du rugby, ce sont ces aspects-là qui font le charme de ce sport. Mais force est de constater que dans le Top 14, quand vous avez une très forte conquête, une très forte défense, et que vous jouez plutôt un rugby fermé et d’occupation, vous avez des chances de réussir. »

6. Aucun regret d’avoir bien fêté le deuxième titre européen

« On l’a bien fêté et j’assume le fait qu’on l’ait bien fêté », insiste Laurent Marti. « Vous savez, les joueurs sont au travail, au combat, 11 mois sur 12. Bien sûr qu’ils ont une vie de privilégiés, mais c’est pas facile, 11 mois sur 12 d’aller combattre dans la salle de muscu, à l’entraînement, lors des oppositions, et puis des matchs, et puis en équipe de France, et puis en Champions Cup, et puis en Top 14, et les déplacements… Alors si quand on a un titre majeur comme ça on le fête pas, ça sert à quoi de faire du sport de haut niveau ?

« Ils ont arrêté le lundi, le mardi, un petit verre, c’est rien du tout. Mais on était très heureux parce que, je le redis, c’est dur à gagner. Là il y a Bordeaux qui a gagné un titre majeur cette année, et puis il y a une des six équipes qui est en course qui va en gagner un. Mais c’est tout. Les autres n’auront rien gagné. »

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