Le « sentiment de honte » des joueurs du Stade Rochelais
« Je pense qu’on est redevenu une équipe – c’est dur à dire – moyenne de Top 14 ; on est redevenu outsider. Peut-être que c’est ce qu’il nous faut aussi maintenant, d’accepter ce rôle… » Juste après la défaite 43-33 du Stade Rochelais à Marcel-Deflandre par Montpellier samedi 14 février, le capitaine Grégory Alldritt tentait tant bien que mal de mettre des mots sur une situation à laquelle est depuis un moment déjà habituée le club.
À la peine depuis le début de l’année, La Rochelle a enregistré sa 10e défaite en 17 journées et reste à la 10e place, maintenant à égalité de points avec Lyon. « Comme disait Ronan (O’Gara, le manager), il faut peut-être se libérer de ces Top 6, de ces qualif’, de ces trucs et maintenant, essayer de montrer notre meilleur visage », ajoutait Alldritt.
Face à un MHR en pleine dynamique, La Rochelle n’a pas fait le poids. Montpellier avait ciblé ce déplacement chez les Maritimes en proie à un gros doute avec leurs quatre revers consécutifs, dont le dernier cinglant à Deflandre face à Lyon (24-44), et à l’infirmerie pleine.
Dans le sillage d’un Domingo Miotti précieux, les hommes de Joan Caudullo confirment leur montée en puissance, bien calés à la 4e place, quasiment dans le rythme de Bordeaux-Bègles (3e), alors que de son côté, La Rochelle, malgré sa détermination initiale – 10-0 après une pénalité de Ihaia West et un essai de Dillyn Leyds (8) – n’a donc pas tenu la distance.
« J’aurais été supporter aujourd’hui, je me serais cassé à la soixante-dixième… »
« J’en ai marre, le soir après les matchs, de devoir aller me cacher chez moi parce qu’il y a ce sentiment de honte », confiait Alldritt. « On a un stade qui fait guichet fermé, des supporters qui sont formidables, et on n’arrive pas à leur donner ce qu’ils veulent. Moi, c’est surtout ça qui m’embête. C’est plus pour tous ceux qui nous entourent, toute cette ville qui compte beaucoup sur nous, qui malgré tout ce qui se passe viennent au stade, guichet fermé, restent jusqu’à la quatre-vingtième.
« J’aurais été supporter aujourd’hui, je me serais cassé à la soixante-dixième. Eux, ils ne le font pas, ils ne lâchent pas, et nous on lâchera pas. Je pense qu’on est tout un club dans le trou. On va se serrer les coudes et on va s’en sortir. »
« J’en ai marre, le soir après les matchs, de devoir aller me cacher chez moi parce qu’il y a ce sentiment de honte »
Tout n’avait pourtant pas été négatif. À égalité à la pause (16-16), le club à la caravelle a su répondre à la reprise à une pénaltouche conclue par Marco Tauleigne par une action quasi identique. Pierre Bourgarit a fêté son retour de pubalgie par un essai.
Mais derrière, le double champion d’Europe a craqué devant le réalisme et la confiance qui habitent les Héraultais visuellement plus puissants, avec deux essais suite à des mauls de Christopher Tolofua et Alexander Masibaka.
Malgré deux essais pour l’honneur de Paul Boudehent dans le money-time, les Rochelais ont paru sonnés et Deflandre presque résigné au coup de sifflet final et lors du tour d’honneur de leurs favoris.
Suspendu après son carton rouge reçu à Pau le 30 novembre – pour « manque de respect envers l’autorité d’un officiel de match » – Ronan O’Gara n’a pu qu’observer depuis les tribunes la nouvelle désillusion rochelaise : plus de 40 points encaissés à domicile pour la deuxième fois consécutive. « C’est un cycle dans le sport qui arrive après de grandes années », a résumé l’entraîneur irlandais après le match. « Nous sommes à un point bas maintenant.
« On voit le caractère des joueurs. Ce n’est pas défaitiste de dire que je suis fier d’eux. Ils ont essayé, ils ont tout donné. Mais il y a un fossé entre Montpellier et nous aujourd’hui, et cela nous servira pour l’avenir. »
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