Le modèle économique et financier du rugby français reste « fragile », selon le rapport définitif de la Cour des comptes sur la FFR publié lundi soir, mais les sages de la rue Cambon soulignent « une gouvernance en voie d’amélioration » et estiment « crédible » un retour à l’équilibre des comptes.
Ce rapport, qui porte sur la période 2018-2024, rappelle « la gestion critiquable de certains dossiers » par les présidences précédentes, et notamment celle de Bernard Laporte (décembre 2016 – janvier 2023) sur la Coupe du Monde de Rugby 2023 en France par exemple.
Dans un précédent rapport d’avril 2025, sur le Mondial 2023 lui-même, la Cour des comptes avait évalué entre 19,2 et 28,9 millions d’euros l’ardoise qui pourrait rester à la charge de la FFR.
Parlant de « gestion insuffisante voire défaillante », le rapport de la 3e chambre de la Cour des comptes publié lundi 2 février évoque également le dossier du Centre d’innovation des rugby (CIR) de Pantin, en Seine-Saint-Denis, lancé lui aussi sous l’ère Laporte, dont le coût a doublé – d’une fourchette entre 11 et 14,7 millions d’euros à près de 28 millions hors taxes – et dont l’exploitation pourrait générer environ 3 millions d’euros de déficit par an.
Mais la gouvernance de la Fédération a connu « des améliorations notables récemment », souligne la cour, évoquant notamment « l’attention portée aux questions d’éthique et de probité ».
Globalement la situation financière de la FFR reste « fragile », avertit cependant la cour, tout en reconnaissant qu’après « une trajectoire de déficit structurel de 12 millions d’euros » par an, celle-ci s’est « inversée », avec un retour à l’équilibre qui « semble crédible ».
« La FFR a engagé des efforts importants de maîtrise de ses dépenses et surtout d’augmentation de ses revenus »
La cour regrette notamment que les ressources exceptionnelles tirées de la vente d’un septième du Tournoi des Six Nations à la société CVC Capital Partners Limited ait été utilisées longtemps par la fédération pour financer des dépenses de fonctionnement et masquer les déficits. Or ces recettes vont se tarir en 2026, rappelle la cour, avec un dernier versement de 13 millions d’euros à la fédération.
Si « à court terme la situation financière et la trésorerie de la FFR sont menacées », avec « des décaissements importants prévus en 2028 », notamment pour couvrir les pertes du Mondial-2023, « la FFR a engagé des efforts importants de maîtrise de ses dépenses et surtout d’augmentation de ses revenus », reconnaît la cour.
Quant au plan quinquennal établi mi-2025 par la Fédération pour redresser sa situation financière, il est de « grande qualité », poursuit la cour. Mais son succès « dépendra du maintien de l’attractivité du rugby ». Une attractivité qui pourrait baisser en cas de résultats sportifs moindres, avertit-elle.
Dans une réponse publiée avec le rapport de la cour lundi soir, la FFR a précisé que ce rapport de la cour des comptes avait été diligenté à l’initiative même de Florian Grill, son nouveau président depuis juin 2023. De même elle rappelle « l’héritage dégradé » légué par les présidences Laporte et Martinez (janvier à juin 2023), « marqué par des déséquilibres financiers structurels et des pratiques de gestion dont les effets continuent de peser ».
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