Il est 21h ce samedi 13 juin 2026 au Stade du Hameau à Pau. Dans cinq minutes aura lieu le coup d’envoi de la demi-finale du Top 14 entre la Section Paloise et le Racing 92. 26 ans que les Palois attendent ce moment. Pour l’occasion, le match se joue à guichets fermés – c’est la neuvième fois de la saison.
À cinq minutes du coup d’envoi donc, les près de 14 000 spectateurs se lèvent et commencent à entonner un chant a capella ; la Honhada, devenu l’hymne du club en 2012. « Quand on se met tous à chanter, c’est magnifique. Le couplet en béarnais met en valeur notre territoire. C’est très important de revendiquer nos origines », témoigne le chef cuisinier paloise Yves Camdeborde, dans les colonnes de la République des Pyrénées. Habituellement en bleu, le logo du journal a été repeint en vert en Une pour porter haut les couleurs du club.
Un stade, un chant, une identité
Ce chant a retenti pour la première fois au Hameau quatorze ans plus tôt, un dimanche de mars 2012. La légende raconte que ce jour-là un chœur polyphonique a entonnné cette mélodie que personne dans le public palois ne connaissait encore, mais que beaucoup allaient bientôt ne plus pouvoir oublier. La Section Paloise évoluait alors en Pro D2 et ce jour-là face à Grenoble, quelque chose s’est mis en place qui allait traverser les années bien au-delà de ce que quiconque aurait pu imaginer.
Quelques semaines auparavant, Didier Fois – chanteur, musicien et directeur du festival Hestiv’Oc – avait composé ce chant avec son groupe, en se basant sur une mélodie irlandaise bien connue, O’Waly, Waly, qui avait déjà servi sur La ballade nord-irlandaise de Renaud. Fois y avait apposé des paroles en français et en béarnais écrites à la va-vite pour glorifier l’identité locale et surtout pour servir d’hymne au club qui en cherchait un.
Des paroles simples pour un chant éternel
« Hohna Section, nous sommes là – cette chanson, rien que pour toi – Comme immortels, à tes côtés – Toujours fidèles, en amitié. – Sur ton maillot, de vert et blanc – Le pic d’Ossau, toujours devant – Sur cette terre des Pyrénées – L’allure fière, des béarnais. »
Avec le refrain : « Allez allez, les verts et blancs – De la cité du vert galant – Section Paloise, joue ton rugby – Section Paloise, toujours unis. » Bref des paroles accessibles, simples à comprendre sur une mélodie entraînante et entêtante. On sent clairement l’inspiration des Corons de Pierre Bachelet dont Fois s’est justement inspiré.
Au début, les supporters ont semble-t-il accueilli ce chant avec un certain scepticisme au vu des paroles jugées simplistes. Mais à ce moment-là, ça faisait déjà dix ans que les supporters de foot reprenaient à tue-tête le encore plus simpliste hymne des Bleus, Tous ensemble, chanté par l’éternel Johnny.
Du scepticisme au rituel collectif
On se souvient des paroles : « On est champion – On est tous ensemble – C’est le grand jeu – La France est debout – Votre passion toujours nous rassemble – Allez les bleus, on est tous avec vous. »
Alors, pourquoi pas chanter pour les Verts et blancs !
Ainsi est donc née la Honhada, dérivée du verbe béarnais « honhar » qui veut dire « pousser, enfoncer, bousculer ». La Honhada se prononce hougnade, mais pas besoin d’être Béarnais pour la chanter : juste d’être un fervent supporter.
Aujourd’hui, la Honhada résonne au Hameau au début de chaque rencontre, puis aux alentours de la soixantième minute, entonnée a cappella par le public comme un rituel. Et cela suffit généralement à porter un club qui rêve des sommets.
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