« C’est dommage d’en être arrivé là pour basculer » : Toulon, après un début de saison catastrophique
« Il y a de la frustration. Je me dis tout ça pour en arriver là… Mais il y a également beaucoup de fierté de voir le groupe évoluer et se comporter comme il le fait en ce moment. » Franck Azéma est soulagé de voir où est revenu Toulon à la fin de ce premier bloc, mais il n’oublie pas la crise qui a précédé.
Vainqueur du Stade Français samedi 7 novembre à Mayol (43-23), le RCT a signé un cinquième succès consécutif toutes compétitions confondues. Le bonus offensif lui permet de terminer ce premier bloc à la cinquième place, un mois après la démission de Pierre Mignoni.
« Le rugby, c’est une éternelle remise en question », rappelle le manager varois. Toulon n’avait remporté qu’un match lors des cinq premières journées. Depuis, les résultats ont changé, mais Azéma tient aussi à rappeler les points pris lorsque son équipe peinait à gagner.
« Si on est à cette place au classement (5e) c’est qu’on ne l’a pas volée. Oui on a gagné des matchs ces derniers temps, mais je sais aussi que les trois points de bonus défensifs du début de saison comptent. Malgré tout je suis un peu frustré parce que je me dis que pour en arriver il a fallu certaines choses [la démission de Pierre Mignoni, ndlr]. Je connais la règle, Pierre aussi, c’est dommage d’en être arrivés là pour pouvoir basculer, mais on ne peut plus revenir en arrière et il faut avancer. Il faut que ça serve, que ça produise un effet sur le long terme. »
Azéma retient l’attitude de ses joueurs
Contre Paris, les Toulonnais ont pu compter sur leur défense, avec 150 plaquages réussis sur 160 tentés, dont 23 pour Lewis Ludlam. Ils ont aussi su convertir leurs occasions, grâce notamment au triplé de Rayan Rebbadj et à l’essai de Gaël Dréan, de retour après son opération cardiaque.
Azéma distingue toutefois les deux périodes de son équipe. « Nous avons su être hyper réalistes sur la première mi-temps… mais sans réellement dominer dans l’engagement. Derrière, en seconde période, on a été bien meilleur. »
Le manager retient surtout la capacité de ses joueurs à tenir malgré la fatigue, au terme de ce premier bloc. « Ton ADN, tu dois le démontrer en permanence par ton attitude. Cet après-midi, il y avait des mecs fatigués. Mais ces mêmes mecs n’ont pas lâché. Ils ont tous serré les dents… et ils sont récompensés de leurs efforts. »
Les Toulonnais disposent désormais de dix jours de repos avant de préparer leur déplacement à Clermont. Cette pause arrive après un mois éprouvant, y compris pour leur entraîneur.
Tanga attend davantage du Stade Français
Dans le camp parisien, Yoan Tanga rongeait son frein. Le Stade Français repart sans point de Mayol, concède sa cinquième défaite et attend toujours sa première victoire à l’extérieur cette saison. Les exclusions de Mathieu Hirigoyen, puis de Jack Iscaro pour dix minutes, ont encore compliqué sa fin de rencontre.
« Il y a beaucoup de frustration ce soir parce que ce n’est pas le visage que l’on voulait montrer », disait-il. « Si on compare par rapport à la saison dernière, on arrivait à accrocher des matchs à l’extérieur ou à ramener un point mais cette saison c’est plus compliqué. On va travailler pour espérer gagner des matchs à l’extérieur après la pause.
« On est très moyens, on est au milieu de tableau, ça résume bien notre situation. À la maison ça va, mais à l’extérieur on n’y arrive pas, donc on va travailler, mais je ne suis pas inquiet. On arrive quand même à mettre 23 points contre une grosse équipe de Toulon même en étant catastrophiques. Il faut qu’on travaille mais si on continue à ce niveau-là on n’atteindra pas nos objectifs. »
Les Parisiens retrouveront le championnat le 28 novembre contre Vannes, avec la nécessité de réagir pour ne pas laisser le top 6 s’éloigner davantage.
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