Pourquoi les joueurs aiment tant la Champions Cup
« L’intensité des matchs internationaux avec le maillot des clubs » : double vainqueur de la Champions Cup avec les Wasps de Londres (2004, 2007), l’ancien n°8 du XV de la Rose Lawrence Dallaglio résume pourquoi cette compétition baroque plaît aux joueurs.
« C’est probablement la plus grande compétition de clubs au monde », insistait Jordan Larmour, trois-quarts irlandais du Leinster, fin septembre, lors de la conférence de présentation du 32e millésime de ce tournoi, à Lyon, ville hôte de la prochaine finale, le 22 mai. « Elle est tellement spéciale, il y a tant d’histoire derrière ».
Un temps de jeu plus élevé qu’en Top 14
Si son format est chaque année critiqué, avec des discussions portées par les dirigeants des championnats anglais et français qui veulent la raccourcir, et si la présence des équipes sud-africaines pèse sur les joueurs, avec les longs déplacements qu’elle implique, la Champions Cup a un goût à part.
« C’est toujours des matchs explosifs, il y a beaucoup de rythme, des superbes essais, du jeu, c’est ce qu’on aime », ajoute lors de cette même journée lyonnaise Romain Briatte, joueur du Stade français, en déplacement à Johannesburg contre les Lions sud-africains. « On le voit au niveau des statistiques, le ball in play [temps de jeu effectif, NDLR] atteint les 40 minutes, alors qu’en moyenne en Top 14 on est à 36-37 ».
Le penchant vers l’attaque devrait rester marqué
Si les scores de basket, comme ce 49-61 (7 essais à 9) de la saison passée entre les Bulls de Pretoria et les Anglais de Bristol, pourraient se faire plus rares, avec la réforme du bonus offensif (NDLR : trois essais de plus que l’adversaire et non plus seulement quatre essais), le penchant vers l’attaque devrait rester marqué, tant les bonus et les points marqués sont importants pour espérer recevoir le plus longtemps possible lors de la phase finale.
« Et ça permet surtout d’affronter des équipes qu’on n’a pas l’habitude de jouer, les Bulls ou Cardiff cette année par exemple, de voir différentes formes de jeu, différentes stratégies. Le Top 14 est complètement différent », insiste Romain Briatte.
Plus de stratégie pour s’adapter à un adversaire différent
« En Champions Cup, c’est un jeu beaucoup plus tourné vers la stratégie, plus structuré », estime le centre de Pau Emilien Gailleton. « À l’inverse du Top 14, paradoxalement beaucoup plus sur la conquête et le jeu déstructuré. Sur le rythme, les skills (NDLR : la technique), la vitesse d’exécution, je pense que c’est un peu plus fort », poursuit le joueur de la Section, qui aime ce « changement de routine » par rapport au marathon du championnat de France.
« C’est l’occasion de couper avec le Top 14 », confirme le demi-de-mêlée rochelais Thomas Berjon, qui lui aussi a attrapé le virus de cette compétition « qu’il regardait à la télé quand il était petit », véritable sprint où le trophée se joue en seulement huit matches.
Le souvenir des grandes heures
« Jouer des équipes différentes, dans des nouveaux stades, c’est toujours très excitant », ajoute Emilien Gailleton. Et si le centre palois n’a pas encore disputé une minute dans cette compétition – il était blessé la saison passée et pas né lors de la précédente apparition des Béarnais, il y a 26 ans -, il en a des souvenirs vivaces.
« Les Clermont – Toulon, les grandes années de Toulon (NDLR : triplé de 2013 à 2015), même si je n’étais pas un grand supporter du RCT, c’était quand même impressionnant », reconnaît-il.
À La Rochelle, double vainqueur (2022 et 2023), on ne risque pas de jouer la Champions Cup en dilettante, avec comme manager un certain Ronan O’Gara, meilleur marqueur de la compétition (1.365 pts) et double vainqueur comme joueur à la barre de la province irlandaise du Munster. « Depuis qu’il est arrivé, sourit Berjon, il nous a inculqué la culture, l’importance de cette Coupe d’Europe ».
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