Au-dessus de la mêlée en Top 14, voici pourquoi Toulouse est aussi un club à part du point de vue financier
Ce n’est pas trahir de secret que de dire que le Stade toulousain est le club dominant du Top 14 ces dernières années. Son palmarès en atteste avec cinq des six derniers Boucliers de Brennus décernés. Une hégémonie qui s’explique par la qualité d’une génération dorée dont Antoine Dupont, considéré par beaucoup comme le meilleur joueur du monde, est le fer de lance, mais aussi par des finances uniques dans le rugby français.
Dans un rapport publié jeudi, la LNR a communiqué entre autres les comptes d’exploitation de tous les clubs de Top 14. On y découvre que le Stade toulousain a déclaré 62,567 millions d’euros de charges pour l’exercice 2024-2025. Un montant qui enverrait à la banqueroute en un an n’importe quel autre club de l’Hexagone. Mais pas Toulouse qui fait en contrepartie 62, 708 M€ de recettes, pour un résultat d’exploitation légèrement positif (+141K€).
L’énorme machine toulousaine
Toulouse encaisse ainsi plus du double que son actuel dauphin au classement, la Section paloise (29, 888M€), et presque 20 millions d’euros de plus que l’UBB, qui enregistre les deuxièmes plus importantes entrées d’argent du Top 14 (43,176M€). Pour capter tous ces fonds dans ses caisses et soutenir ainsi son niveau de vie, le club le plus titré de France est devenu au fil des années une énorme machine qui emploie plus de salariés que les autres.
Quand l’UBB, pourtant pas la petite PME du coin, déclare une masse salariale dédiée aux employés administratifs et aux commerciaux de 1,479M€, Toulouse en déclare presque le triple (4,175M€). Un mastodonte qui demande forcément plus de coûts pour tourner mais le club haut-garonnais s’y retrouve comme en témoigne son bilan excédentaire.
Cette capacité à attirer des capitaux, c’est précisément ce qui manque aujourd’hui au Stade français, club le plus en déficit de France, qui affiche les deuxièmes charges d’exploitation les plus importantes du Top 14 (47,194) et ne compense pas du tout par ses revenus (30,856M€), plus de deux fois inférieurs à ceux du Stade toulousain. Tout simplement un autre monde.