Valentin Boujou gagne à Mayol pour son premier match en Top 14 : « C'est énorme à 18 ans de faire ça »
La très belle histoire de cette deuxième journée de Top 14 porte le visage d’un gamin, celui de Valentin Bouju. Un petit bonhomme de 18 ans du cru rochelais, encore aucun match en Espoirs à son actif, que le manager de La Rochelle Ronan O’Gara a eu le toupet d’envoyer au feu à Mayol avec le numéro 9 dans le dos, sans autre demi de mêlée sur le banc pour le seconder en cas de pépin. Lui et pas l’expérimenté joker médical Christophe Loustalot (34 ans) ou même Nolann Couillaud, à peine plus vieux (19 ans) mais qui avait déjà joué en équipe première en fin de saison dernière.
Le neo-majeur ne s’est pas débiné, a supporté les chocs parfois rudes, à l’image de ceux imposés par Swan Rebbadj en guise de bienvenue dans le Top 14, et a eu la cerise sur le gâteau au bout de cette soirée inoubliable. Une victoire à Toulon (20-21), sur le mythique stade Mayol qu’il n’imaginait certainement pas fouler si tôt dans son parcours de rugbyman.
Sans peur, avec même une intrépidité confondante comme sur le premier essai de son équipe, où son soutien auprès de son partenaire Matthias Haddad, qui s’était un peu isolé, a empêché deux avants Toulonnais de gratter le ballon, permettant ainsi à l’attaque rochelaise de se poursuivre et de conclure (14e). Ou encore sur le deuxième essai des Maritimes où, trouvé à l’intérieur par Simeli Daunivucu qu’il venait de servir en sortie de mêlée, il a dévoré l’espace et remis dans le bon tempo à son centre (46e).
« Je ne pouvais pas rêver mieux »
Avec courage et résilience aussi pour aller au bout de cette rencontre malgré des crampes dès l’heure de jeu et les gorgées infectes du fameux jus de cornichon miraculeux pour aider à les faire passer.
Avec maturité, enfin pour, après le coup de sifflet final, aller livrer son sentiment sur l’instant spécial qu’il venait de vivre au diffuseur Canal+.
« C’est énorme à 18 ans de faire ça. Je n’avais jamais encoré joué avec les Espoirs. J’ai eu la chance en revanche de faire les matchs amicaux avec les pros donc je n’étais pas trop stressé. Mais les vingt dernières minutes étaient longues avec les crampes à la fin ! (…) Je vais essayer de tout garder, commer les imprécisions sur les sorties de camp… mais les souvenirs, c’est top. Gagner à Mayol pour un premier match, je ne pouvais pas rêver mieux. »
Un souvenir qu’il n’oubliera sûrement jamais, peu importe la suite que le rugby voudra bien lui offrir.
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