Plaquage dangereux : pourquoi Valetini pourrait échapper à une sanction
Rob Valetini pourrait échapper à une sanction pour un geste que World Rugby s’apprête à interdire explicitement. Lors de la victoire des All Blacks contre les Wallabies à Eden Park (50-19) samedi 10 octobre, le troisième ligne australien a blessé Leroy Carter à la cheville sur un plaquage ressemblant à un hip-drop, littéralement « chute des hanches » et qualifié de « pivotant » en France, soit un plaquage dangereux au cours duquel le plaqueur utilise le poids de son corps pour amener le porteur de balle au sol et se laisse tomber sur ses jambes, par l’arrière.
À la 67e minute, Valetini est revenu derrière l’ailier néo-zélandais pour tenter de l’empêcher de marquer. En l’accompagnant au sol, son poids semble être retombé sur les jambes de Carter, contraint de quitter le terrain. « Ça n’avait pas l’air bon. Ça ressemblait à un plaquage de type hip-drop, il est retombé sur l’arrière de sa cheville », a expliqué Dave Rennie après la rencontre.
Une interdiction approuvée, mais pas encore applicable
La décision de World Rugby d’interdire ce type de plaquage a été approuvée le 28 septembre et s’ajoutera à la règle 9.13 sur les plaquages dangereux à compter du 1er novembre. Cette technique consiste à saisir le porteur du ballon de côté ou par-derrière, puis à pivoter autour de lui ou à laisser tomber ses hanches et son poids sur ses jambes pendant la chute. Elle sera sanctionnée au minimum d’une pénalité.
L’instance s’appuie sur des recherches et des analyses de matchs, notamment menées avec l’université Leeds Beckett. Bien que rares, ces gestes peuvent provoquer de graves blessures aux membres inférieurs. Déjà interdits en rugby à XIII et en football américain, ils ont fait l’objet d’un examen par le groupe de travail de World Rugby consacré au plaquage. Les modalités de décision des arbitres et les sanctions disciplinaires doivent encore être précisées avant l’entrée en vigueur du texte.
Dans le cas de Valetini, la presse australienne rapporte néanmoins qu’il ne fera pas l’objet d’une citation auprès de la commission de discipline, la nouvelle disposition n’étant pas encore applicable. Même Rennie n’a pas réclamé de sanction contre l’Australien. « Je laisserai ça aux officiels », a-t-il répondu, avant d’ajouter « Je suis sûr que ce n’est pas intentionnel, mais c’est dans cette direction que le jeu évolue. »
Une série de 54 tests sans défaite à Eden Park
Les All Blacks ont conservé le trophée grâce à leur succès 50-19, leur douzième victoire consécutive contre les Wallabies. Ils ont également porté à 54 leur série de tests sans défaite à Eden Park. Après trois revers de suite face à l’Afrique du Sud, Codie Taylor a expliqué que les joueurs avaient été secoués en début de semaine par Tana Umaga, désormais entraîneur adjoint et ancien vainqueur de la Bledisloe Cup. Le capitaine a évoqué « une peur salutaire », ajoutant « C’est ce dont on a besoin quand on joue la Bledisloe à Eden Park. »
Les deux équipes doivent désormais évaluer les conséquences physiques de cette rencontre. Outre Carter, les Wallabies seront privés de Len Ikitau à Sydney samedi prochain, le centre n’ayant pas satisfait à l’évaluation des commotions. Scott Barrett a également subi une commotion, même si Rennie espérait encore le voir suivre le protocole et être disponible pour le deuxième test.
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