Baptiste Erdocio « n’est plus le petit pilier basque de Biarritz qui joue à Montpellier »
Pas retenu pour préparer le Tournoi des Six Nations, le pilier international de Montpellier Baptiste Erdocio, qui affronte Toulon et son homologue Jean-Baptiste Gros samedi 24 janvier, doit franchir un nouveau palier après avoir connu une progression linéaire depuis ses débuts à Biarritz.
Erdocio (25 ans, trois sélections), révélé lors de la tournée estivale en Nouvelle-Zélande, est désormais confronté aux attentes suscitées par son statut international. Au MHR comme en Top 14, le regard porté sur lui n’est plus le même.
« Baptiste n’a pas mesuré l’impact de son statut international. Il n’est plus le petit pilier basque de Biarritz qui joue à Montpellier. Au sein du staff, on lui demande, comme à tout joueur premium, de tirer l’équipe vers le haut », explique Didier Bès, adjoint de Joan Caudullo.
Plus souvent remplaçant que titulaire au MHR ces dernières semaines, Erdocio traverse de fait un passage à vide.
« Il a vécu une ascension assez énorme depuis la Pro D2 avec Biarritz. Cette saison, il n’a pas fait de pré-saison après la tournée en Nouvelle-Zélande. Il a eu un test compliqué contre l’Afrique du Sud. Mais on a confiance en lui et on va tout faire pour qu’il revienne à son meilleur niveau et en équipe de France », estime ainsi Caudullo.
« Baptiste n’est plus le petit pilier basque de Biarritz qui joue à Montpellier. Au sein du staff, on lui demande, comme à tout joueur premium, de tirer l’équipe vers le haut… »
Mais le jeune pilier aux 76 matchs de Top 14 a pour lui sa force de caractère et son goût du travail. « Il reste un compétiteur. Si on lui lance un défi, si on le pique, il a cette fierté basque et nous sort de gros matchs », assure Didier Bès, en charge de la mêlée.
Jusqu’alors, le pilier de Montpellier avait gravi les marches sans bruit pour s’immiscer dans l’effectif des Bleus lors de la tournée estivale en Nouvelle-Zélande ou lors du premier test de l’automne contre l’Afrique du Sud.
Personne ne l’attendait aussi vite aussi haut, et le pilier originaire de Bidart s’est servi de cette défiance pour éteindre les a priori, bousculer la hiérarchie et renverser la table. À Biarritz déjà, blessé dans son amour propre par la réflexion d’un technicien, il avait conquis sa place dans le groupe à l’automne 2021 avant de devenir incontournable.
Et dès son arrivée à Montpellier, à l’été 2023, ce profil atypique (1,72 m, 115 kg) s’est imposé aux dépens du titulaire Enzo Forletta. « Il a souvent abrégé ses vacances d’été pour travailler sur son physique. Il possède une force et un coup de reins étonnants », décrypte Didier Bès.
Coup d’arrêt
Au bout de deux saisons réussies dans l’Hérault, les qualités naturelles d’Erdocio ont donc tapé dans l’œil de Fabien Galthié qui l’a emmené en Nouvelle-Zélande pour la tournée d’été ouverte aux nouveaux talents. Pendant trois semaines, à l’autre bout du monde, le Basque s’est immergé dans le groupe des Bleus avec ses talents d’ambianceur, son goût pour le chant basque et sa bonhomie.
« Il aime chanter et chahuter avec ses partenaires. Son attitude positive fait du bien dans un vestiaire », raconte Bès.
Convaincu par son profil, Galthié l’a fait débuter devant les champions du monde sud-africains, référence suprême en matière de mêlée, lors de la tournée d’automne. Mais touché au genou après ce premier test, et peut-être pénalisé par certaines limites, il n’a pas enchaîné face aux Fidji ou à l’Australie.
« Ça m’a mis un coup d’arrêt, inconsciemment peut-être, un coup derrière la tête, même si je n’avais pas envie de me cacher derrière ça ou de me trouver des excuses », a-t-il récemment confié.
Samedi, il aura une belle occasion de montrer qu’il peut rebondir avec ce déplacement à Toulon, où évolue Jean-Baptiste Gros, retenu lui chez les Bleus, comme son modèle, le Toulousain Cyril Baille.
Pour Erdocio, un autre défi débute.