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Laurent Labit : « j’aurais pu aussi finir, bien sûr, comme Pierrot (Mignoni) à Paris »

Laurent Labit avant le match de Champions Cup face au Leinster à l’Aviva Stadium, à Dublin, le 13 janvier 2024. (Photo : Sam Barnes / Sportsfile via Getty Images)

L’épisode de décompensation qu’a vécu récemment le manager de Toulon Pierre Mignoni est-il un épiphénomène, une situation à l’instant T et dans un contexte particulier ? Non si l’on en croit le manager de Perpignan Laurent Labit, lui aussi confronté à la dure réalité du sport de très haut niveau.

Dans un entretien à l’AFP, celui qui est arrivé dans la position du sauveur de l’USAP en novembre dernier alors que le club était au plus bas, analyse ce sentiment lié à une charge mentale trop forte.

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Des bas depuis 2019

« On a tous des caractères et des personnalités différentes et on est aussi impactés par ce qui nous arrive dans nos vies professionnelles, mais qui peuvent aussi des fois être aussi un sujet avec nos vies personnelles qui viennent se rajouter. Tout ça, il faut arriver à le gérer », reconnaît-il.

Lui-même n’est pas exempt dans un déroulé de carrière qui n’a pas toujours été linéaire. Formé à Revel, Laurent Labit a connu un parcours jalonné de turbulences depuis notamment la fin de son association avec Laurent Travers – le célèbre duo des « Lolo » qui oeuvra pendant 14 ans à Montauban, Castres (titre 2013) et au Racing 92 (titre 2016) – qui s’est terminé en eau de boudin en 2019 pour rejoindre le XV de France de Galthié (Grand Chelem 2022).

Suite à quoi Laurent Labit a vécu au Stade français (2023-2025) une expérience qui a tourné au fiasco, pour finalement être nommé manager de l’USAP en novembre 2025, chargé de sauver Perpignan de la relégation.

Douloureuse expérience au Stade Français

De ces expériences, Labit en est ressorti marqué, même s’il avoue qu’il aura plusieurs fois pu être victime de burn-out ou de décompensation lui aussi. « J’aurais pu, je pense, le rencontrer, avec mon expérience au Stade français (2023-2025), par exemple », admet-il.

« J’ai bien vu au bout de quelques mois que ce n’était pas en adéquation avec ma façon de fonctionner, ma façon de penser, les valeurs… J’aurais pu m’en rendre malade, donc j’ai demandé d’arrêter, ce que le club a accepté. Donc je m’en suis sorti, mais j’aurais pu aussi finir, bien sûr, comme Pierrot (Mignoni) à Paris. »

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Comment gérer

« On peut gérer bien sûr seul (ces moments-là, ndlr), on peut le gérer avec notre entourage aussi, qui est très important », raconte-t-il. « Notamment pour moi, ma femme par exemple, on est marié depuis très longtemps. Même si on est dans le rugby depuis longtemps, le rugby c’est pas son truc. Donc elle a toujours un avis vraiment neutre, qui m’aide sur les situations ou les décisions qui sont un peu lourdes. Et ensuite, on peut aussi se faire aider ou se faire accompagner par des personnes extérieures et des personnes dont c’est le métier. »

Alors que Pierre Mignoni avait annoncé changer radicalement sa façon de travailler – en s’imposant des horaires, en délégant encore plus… – Laurent Labit pour sa part a adopté ces principes depuis longtemps.

Ses garde-fous

« J’aime bien aussi m’accorder des sas, pas forcément de liberté, mais avec les présidents, avec les gens du club, d’éviter de répondre au téléphone, d’éviter d’habituer aussi les gens autour de nous », détaille-t-il.

« Il y a des moments où on peut s’appeler, des moments où on peut travailler, des moments où on doit aussi faire autre chose, et c’est pas pour ça qu’on ne travaille pas, mais sinon tout devient urgent et tout est important, et au bout d’un moment, on explose. »

Explosion en plein vol

Lorsque Mignoni a explosé en plein vol, lui-même n’a finalement pas été surpris. « Je connais quand même assez bien Pierrot, et je sais qu’il a une personnalité, il a justement une façon de faire, une exigence, un professionnalisme qui font qu’il passe beaucoup de temps (au travail).

« Et puis surtout, pour Pierre, comme c’était le cas par exemple de Franck (Azéma, son prédécesseur à l’Usap), que j’ai remplacé ici à Perpignan, c’est encore plus dur pour eux parce que tu reviens chez toi, et il y a tout qui se mélange. Il y a l’environnement, c’est ton club, c’est ta maison, donc les choses, tu les prends encore plus à cœur que si c’était un autre club. Pierrot aussi est revenu à Toulon, il est chez lui, donc ça le ronge encore plus que si c’était un autre endroit. »

Pas entièrement sauvé pour le reste de la saison, Perpignan a néanmoins quitté la 14e place et séjourne à la 13e position, à 11 points de Montauban, dernier, mais à 18 de Bayonne (12e).

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