Pete Samu : sa nouvelle vie après « l'expérience formidable » à l'UBB
Pete Samu reprend ses marques en Australie et n’a pas tardé à se faire remarquer dans le dernier match de pré-saison remporté 50-48 par les Waratahs (sa nouvelle équipe) contre les Brumbies (son ancienne équipe) jeudi dernier. Aligné en numéro 8, il a lancé l’énorme contre-attaque de Jorgensen menant au premier essai des Tahs (7e). Lui-même en a signé un à la 34e après une interception de Debreczeni relayée par Potter.
Depuis son départ de l’Union Bordeaux-Bègles en fin de saison dernière, c’est la première fois que le troisième-ligne de 34 ans (et autant de sélections avec l’Australie) n’avait pas goûté un tel match de rugby de club. Après deux saisons passées en Gironde (2023-2025), ça lui manquait tant Bordeaux lui a offert l’une des scènes les plus parlantes de cette ferveur populaire.
Bordeaux lui a redonné la motivation
Retour en arrière, au mois de mai 2025. Près de 50 000 personnes ont envahi le centre-ville après le succès de l’UBB 28-20 contre Northampton en finale de Champions Cup à Cardiff, premier grand titre de l’histoire du club, et la ville « amoureuse du rugby » a savouré chaque seconde de ce moment de gloire.
Ce jour-là, Pete Samu, aligné en troisième ligne face à Henry Pollock, a livré une performance majuscule de 67 minutes au Principality Stadium avant de célébrer ce sacre européen, un souvenir qu’il range au sommet de sa carrière. « En tant que ville amoureuse du rugby, c’était génial de jouer chaque semaine devant des stades pleins », confie-t-il à RugbyPass, avant de préciser qu’il a « vraiment pris plus de plaisir à [son] rugby là-bas », après avoir connu « une petite perte de motivation » en fin de cycle en Australie.
Partir en France a agi comme un renouveau : « C’était un nouveau départ ; une nouvelle équipe, de nouveaux joueurs, et l’occasion de découvrir cette partie du monde. » À propos de la parade des champions d’Europe, il résume ainsi la puissance du moment : « Je n’avais rien vécu de tel auparavant. Tu vois ça à la télé avec le football… le fait d’en faire partie et de voir les rues remplies de supporters montre à quel point le rugby compte pour la ville.
« C’est probablement l’une des meilleures expériences de rugby que j’ai vécues dans ma carrière. Ça a été une expérience formidable. »

Le parcours de Pete Samu raconte un long voyage avant ce sommet européen. Né à Melbourne, il débute en pro avec Tasman dans le NPC néo-zélandais (2014-2017), puis s’impose aux Crusaders en Super Rugby (2016-2018), aux côtés de tauliers comme Kieran Read et Codie Taylor, avant de traverser la mer de Tasman pour rejoindre les Brumbies (2019-2023) afin de se rapprocher du maillot des Wallabies. Sélectionné pour affronter l’Irlande à Brisbane le 9 juin 2018, il cumule depuis 34 capes en or, tout en devenant un incontournable des Brumbies.
En 2023, une opportunité difficile à refuser l’emmène à Bordeaux, où il s’engage et découvre un nouveau monde. « C’était vraiment dur de partir, j’étais aux Brumbies et j’y avais beaucoup d’amis. C’était très dur de partir dans ces conditions, mais je suis reconnaissant d’avoir fait ce choix », confie-t-il. Il raconte avoir « déplacé toute [sa] vie, [sa] famille, [ses] enfants » pour s’installer dans un environnement entièrement nouveau, avec une immersion profonde dans la culture locale et l’apprentissage d’une nouvelle langue, non sans défis mais avec un réel plaisir à vivre en France.
Le principal moteur de son retour
Pourtant, un objectif demeure inassouvi : disputer enfin une Coupe du Monde de Rugby. Ni Michael Cheika en 2019 au Japon, ni Eddie Jones pour l’édition suivante en France ne l’ont retenu dans leurs groupes, le cantonnant à Australia A juste avant le dernier Mondial. « C’était probablement l’un des principaux moteurs de mon retour à la maison, jouer une Coupe du monde », explique-t-il, reconnaissant être passé tout près lors de la dernière édition et avoir très mal vécu cette absence, avant de relativiser : « Mais bon, c’est comme ça. »
Cette quête l’a poussé à faire un choix fort : rentrer au pays pour se donner une chance de représenter l’Australie lors de la Coupe du Monde de Rugby 2027 à domicile, dont le coup d’envoi sera donné à Perth le 1er octobre. Désormais sous le maillot des Waratahs, il insiste sur une priorité immédiate, « apporter du succès » à la franchise de Sydney, tout en gardant en ligne de mire la sélection pour un Mondial qu’il rêve enfin de jouer.

« C’est probablement le principal moteur : jouer devant la famille et les amis lors d’une Coupe du monde à domicile signifierait énormément pour nous », souligne-t-il, en référence à ses proches et à tous ceux qui l’ont accompagné depuis ses débuts. Il se dit aussi « excité d’être ici dans cet environnement » des Waratahs, impressionné par « beaucoup de jeunes joueurs prometteurs » et pleinement tourné vers le terrain.
« Avec la façon dont l’effectif a évolué l’an dernier, c’était vraiment excitant à voir et d’en faire partie sur la fin de l’année. C’était probablement le principal moteur de mon retour. »
La saison de Super Rugby reprend le vendredi 13 février. Les Waratahs accueilleront les Reds à Sydney.
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