Il y a 30 ans, le Stade toulousain ouvrait l'ère coupe d'Europe
Le 7 janvier 1996 demeure une date toute particulière dans la riche histoire du Stade toulousain. Il y a 30 ans jour pour jour, l’institution haut-garonnaise défiait et battait Cardiff dans le cœur du rugby gallois de l’époque, l’Arms Park (détruit un an plus tard), en finale de la toute première coupe d’Europe.
Une compétition qu’on appelait alors la H-Cup, et qui n’avait pas grand-chose à voir avec la Champions Cup d’aujourd’hui. Elle regroupait en effet douze clubs : trois français (Toulouse, Bègles, Castres), trois irlandais (Leinster, Munster, Ulster), trois gallois (Cardiff, Pontypridd, Swansea), deux italiens (Trévise, Milan) et un Roumain (Constanta). Ce n’est que lors des éditions suivantes que se grefferont des clubs anglais et écossais.
Une coupe d’Europe sans Anglais ni Écossais
Les douze qualifiés étaient répartis en quatre poules de trois avec deux matchs par équipe et le premier de chacune d’elles se hissait en demi-finales. Tombé dans le groupe le plus abordable avec les Italiens du Benetton Trévise et les Roumains du Farul Constanta, le Stade toulousain s’est logiquement qualifié pour les demi-finales, puis s’est défait sans trop forcer de Swansea (30-3) un 30 décembre à Ernest-Wallon pour se retrouver en finale contre Cardiff, tombeur du Leinster à Lansdowne Road dans l’autre demie (14-23).
Une équipe qui, sans être la même concentration de stars que Toulouse, avait tout de même dans ses rangs quelques internationaux dont le talonneur capitaine du XV du Poireau Jonathan Humphreys. Le rapport de force semblait tout de même déséquilibré face au meilleur club français du moment, double champion de France en titre et qui le sera deux fois de plus d’affilée.
L’équipe toulousaine ? Ntamack, déjà, mais Emile le papa, l’actuel président Didier Lacroix en troisième ligne, l’actuel directeur sportif Jérôme Cazalbou à la mêlée, l’actuel manager Ugo Mola sur le banc… Et d’autres légendes telles les piliers Claude Portolan et Christian Califano, l’ouvreur Christophe Deylaud, ou encore le petit prince Thomas Castaignède au centre.

Toulouse poussé dans ses derniers retranchements
Mais sur le terrain hostile de l’Arms Park, la différence de standing ne saute pas aux yeux. Les Rouge et Noir démarrent fort avec deux essais dans le premier quart d’heure de Castaignède et Cazalbou mais subissent ensuite la guerre menée par les Gallois, concèdent des pénalités, et voient leur avance fondre petit à petit par la botte du buteur local Adrian Davies, dans un jour faste. Jusqu’à ce que ce dernier accroche la prolongation sur le gong (15-15) grâce à un coup de pied au but de plus de 40 mètres, son cinquième de la journée.
Une pénalité est marquée de chaque côté dans l’extra-time, la tension monte, Jérôme Cazalbou est contré sur une tentative de drop tout à la fin de la prolongation mais Cardiff se met à la faute en suivant et Christophe Deylaud redonne l’avantage à Toulouse (18-21). Le match ne s’arrête pas pour autant, et les Haut-Garonnais vont connaître une ultime frayeur, terrible. Sur le renvoi qu’ils captent, le ballon sort dans les mains de Christophe Deylaud qui se fait contrer en voulant taper en touche.

Le destin veut que cela atterrisse dans les mains amies de son partenaire Stéphane Ougier qui, lui, a pu sortir cette balle brûlante en dehors du terrain, déclenchant ainsi le coup de sifflet final libérateur.
C’est à l’issue de ce match dantesque qu’Emile Ntamack, le capitaine toulousain du jour, est entré un peu plus dans la légende du rugby en soulevant le premier cette toute nouvelle coupe d’Europe. Un trophée qui, selon les aveux de ce dernier bien des années plus tard, n’a pas survécu à l’euphorie du trajet retour.
Actus, exclus, stats, matchs en direct et plus encore ! Téléchargez dès maintenant la nouvelle application RugbyPass sur l'App Store (iOS) et Google Play (Android) !
