Huit équipes ou rien : la Suisse fait mentir les sceptiques au Rugby Europe Championship
La Suisse vient de rappeler à toute l’Europe pourquoi le Rugby Europe Championship à huit équipes doit rester la nouvelle norme et non une parenthèse. Face à l’hyper puissante Géorgie, puis dans le sillage du succès allemand sur la Roumanie, le message envoyé aux décideurs est limpide : réduire à six serait un pas en arrière à contre-courant de la réalité du terrain.
Un score lourd, mais un fossé qui se resserre
Il y a un an, la Suisse avait encaissé un 110-0 face aux Lelos, symbole cru du gouffre qui séparait encore les deux nations à cette époque-là. Ce dimanche 8 février à Yverdon-les-Bains, le tableau d’affichage n’indiquait plus que 54-3 ; l’écart avait nettement changé de nature. Plus respectable et moins humiliant.
Mais ce score fait oublier un autre fait important. À la pause, les Helvètes n’étaient menés que de 7-3 après avoir tenu tête pendant quarante minutes aux maîtres absolus de Rugby Europe depuis sept saisons. Avec huit débutants dans le groupe, la Suisse a réussi à installer un vrai bras de fer, avant de céder sous la puissance géorgienne sur la durée et l’enchaînement des impacts.
« Nous n’avons eu que quatre jours d’entraînement… »
« Nous n’avons eu que quatre jours d’entraînement mais la première mi-temps a été très bonne, nous avons joué comme nous l’avions préparé contre une très bonne équipe de Géorgie », indiquait Olivier Nier, sélectionneur de la Suisse. « Mais en seconde période c’était plus difficile. Au début de la deuxième mi-temps, nous avons concédé quatre pénalités en sept minutes, et quand nous avons pris le carton jaune (pour le deuxième ligne Lilian Rousset), c’était très dur de jouer avec sept avants contre huit avants géorgiens.
« De plus, nos remplaçants ne sont pas au même niveau que ceux de la Géorgie. Mais nous étions satisfaits de l’état d’esprit et de notre performance, et c’est de bon augure pour l’avenir. Beaucoup de nos joueurs ont évolué avec la Suisse U20. »
Héritage, maillot et objectif Coupe du monde
Dans un championnat où la Géorgie a l’habitude d’étirer les scores en deuxième période, voir la Suisse rester en lice aussi longtemps illustre une montée en puissance réelle, surtout avec un groupe aussi rajeuni.
Avant le coup d’envoi, le capitaine historique Cyril Lim avait remis lui-même les maillots aux huit néophytes suisses. Un geste pensé comme un pont entre générations plus qu’un simple protocole de vestiaire.
« C’était un moment d’héritage, pour montrer notre histoire, et que nous continuons, pas à pas, à progresser et à être prêts pour la prochaine Coupe du monde. » L’idée n’est plus seulement de participer à l’échelon Rugby Europe, mais de se projeter clairement vers la scène mondiale, avec une base construite sur les anciens U20 et un noyau de cadres qui encadrent la transition.
Et dire que le Rugby Europe Championship devrait revenir à six équipes à partir de 2027
En coulisses, le dossier qui crispe les fédérations est tout autre : la recommandation de revenir à six équipes dans le Rugby Europe Championship à partir de 2027. La décision n’est pas encore officiellement entérinée, mais la tendance est actée dans les discussions pour revenir à un format plus restreint, non sans conséquences sportives et politiques majeures.
La Suisse, septième de l’édition précédente, et l’Allemagne, lanterne rouge 2025, se retrouveraient en première ligne des nations susceptibles d’être écartées du tournoi. « Ce serait une décision folle de repasser à six, tout le monde est content de rester à huit », tranche Olivier Nier.
La victoire allemande sur la Roumanie et la première période suisse contre la Géorgie servent de plaidoyer grandeur nature pour maintenir un format élargi, où les “petits” ne se contentent plus d’apprendre mais commencent à bousculer la hiérarchie.
La Nations Cup et le prochain défi en Espagne
« Pour moi, la chose la plus importante est que nous aurons la nouvelle Nations Cup l’an prochain, et la Nations Cup va totalement changer le rugby international ; ce sera merveilleux », assure Nier. Le technicien voit dans cette future compétition un véritable championnat structuré pour les « 12 meilleures équipes de deuxième niveau », offrant enfin un calendrier cohérent et une exposition à la hauteur de leur potentiel.
D’ici là, la Suisse poursuit sa route, sans trop savoir où elle va mener. Le deuxième rendez-vous la conduit en Espagne, autre nation en pleine ascension. « L’Espagne est très rapide et a la capacité de mettre beaucoup de vitesse dans son rugby, nous devrons donc être bien connectés en défense. Ce sera difficile mais nous verrons ce qui est possible », conclut Nier.
La Suisse entend rester à la table des grands, et elle vient de le prouver sur le terrain.
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