Bayonne et Grégory Patat : l'inévitable divorce
Les histoires d’amour finissent mal en général et celle entre Grégory Patat et l’Aviron bayonnais serait sur le point de s’achever après des mois de conflit. Selon plusieurs médias, la direction du club basque aurait signifié à son manager de ne pas se présenter jeudi à la séance d’entraînement alors qu’un accord pour une séparation serait imminent.
Tout ça pour ça, diront certains supporters, concernant le probable épilogue d’une comédie dramatique en plusieurs actes. La passion tout d’abord, avec une qualification historique en Champions Cup pour la première saison au club du successeur de Yannick Bru (2022-2023). Puis la déception après une année suivante ratée qui a vu le soufflé retomber et l’Aviron glisser à la douzième place.
La défiance, ensuite, quand le président Philippe Tayeb, au cours d’une saison 2024-2025 pourtant exceptionnelle, a décidé d’intégrer un nouveau directeur du rugby de renom n’ayant jamais caché son intention de se rapprocher terrain : Laurent Travers.
La guerre froide, enfin, entre le nouveau binôme Tayeb – Travers d’une part, et l’ancien troisième ligne de l’autre, entrecoupée d’épisodes de tensions plus ou moins forts.

Un climat toujours plus pesant
« Le staff doit comprendre que Laurent quelqu’un qui peut nous apporter énormément en termes d’expérience et de compétences, disait à Rugbyrama le président bayonnais en mars 2025. Greg aura le choix de s’en servir ou non, mais pour moi, il y aura un véritable partage. »
Un vœu pieux. Malgré une formidable quatrième place de saison régulière et une demi-finale que le club n’avait plus connue depuis 42 ans, le vent de la discorde a continué de souffler sur les bords de la Nive durant l’été. Craignant pour ses prérogatives sportives lorgnées par l’ancien président du Racing 92, le manager gersois a d’abord repoussé l’offre de prolongation de son patron avant d’aposer finalement sa signature en octobre pour un nouveau contrat courant jusqu’en 2028.
Un semblant de dégel qui fut de courte durée. En décembre, l’annonce de la prolongation de son adjoint Gerald Fraser pour deux ans de plus que Patat (jusqu’en 2030) laissait déjà perplexe. La fuite dans la presse d’une réunion houleuse durant laquelle Tayeb aurait asséné à son responsable du sportif des attaques lourdes comme « Tu n’es pas un bon manager » ou « Si je t’ai prolongé, c’est juste parce que tu avais l’opinion publique avec toi » n’a fait qu’ajouter de l’huile sur le brasier.
Bayonne en décrochage incontrôlé
Fin décembre, Philippe Tayeb assurait à Midi Olympique qu’il n’était « pas là pour fragiliser Grégory Patat » mais effectuait dans le même temps une nouvelle mise en garde : « On ne peut pas prétendre jouer la qualification en prenant quarante-cinq points à l’extérieur. Ça fragilise tout le système. Un jour ou l’autre, on tombera à Jean-Dauger. Ça nous amènerait à perdre cinq ou six places. »
Pour tenter de briser la routine et la spirale négative, il avait alors affrété un avion privé pour le déplacement à Montpellier, s’incluant dans le voyage avec Laurent Travers. Le résultat ne fut pas celui escompté, les Bayonnais encaissant face au MHR leur plus large défaite de la saison en Top 14 (62-22). L’humiliation de trop. Après le match, le président en colère avait lâché au micro de Canal+ un très énigmatique « Laurent Travers n’intervient pas dans le sportif… jusqu’à ce soir ».
Dissuadé de renverser la table, l’homme fort de l’Aviron avait néanmoins imposé l’ajout dans le staff de l’ancien capitaine du club Jean Monribot comme responsable de la touche. Depuis, Jean-Dauger est tombé deux fois en Top 14 (contre Castres et le Racing 92) et Bayonne a, comme Tayeb l’avait prévu, dégringolé au classement à une triste douzième place. Une situation sportive critique qui a, vraisemblablement, précipité le divorce inéluctable avec Grégory Patat.
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