Uini Atonio : aussi redouté en mêlée qu'apprécié pour sa bonhomie
La nouvelle tombée à 9h03 mercredi 28 janvier et annoncée par le Stade Rochelais a donné un coup sur la tête à tout le rugby français, mais aussi au-delà des frontières.
Colosse installé depuis plusieurs années comme cadre du XV de France, avec qui il a réalisé le Grand Chelem en 2022, double champion d’Europe avec La Rochelle, Uini Atonio a été brutalement contraint de mettre un terme à sa carrière en raison d’un problème cardiaque.
« Tout notre soutien pour ton rétablissement, la santé avant tout. On est avec toi, Uini », a commenté la fédération française sur ses réseaux sociaux. La fédération irlandaise, premier adversaire des Bleus dans le Tournoi des six nations (5 février – 14 mars), a salué « un grand compétiteur qui avait toujours un sourire et une poignée de main après le match. »
Le plus âgé de l’effectif bleu
Du haut de ses 68 sélections avec le XV de France, les cinq dernières comme titulaire lors du Tournoi 2025 remporté par les Bleus, et de ses 330 matchs avec La Rochelle depuis 2011, le pilier droit de 35 ans était aussi redouté en mêlée qu’apprécié par ses partenaires pour sa bonhomie.
« Uini c’est quand même un peu le papa du groupe. Il est toujours très cool avec tout le monde. L’année dernière quand je suis arrivé dans le groupe, il m’a très bien accueilli », a expliqué le deuxième ligne Mickaël Guillard en conférence de presse après l’entraînement du XV de France mercredi.
Dans un rugby moderne qui use terriblement les corps, sa longévité restait impressionnante : le joueur, né en 1990 en Nouvelle-Zélande, avait encore enchaîné 27 matchs, dont 23 comme titulaire, la saison dernière, en club comme en sélection. Lors de la Coupe du Monde de Rugby 2023, à 33 ans, il était déjà le joueur le plus âgé de l’effectif bleu.
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La question de la prolongation de sa carrière jusqu’à la Coupe du Monde de Rugby 2027 se posait même, à un poste de pilier droit où aucun joueur n’a réussi à s’imposer derrière lui.
« J’ai un contrat avec le Stade Rochelais jusqu’en 2027. Je ne sais pas pourquoi je ne viserais pas des titres ou même de rejouer en équipe de France (…) La Coupe du monde, oui, c’est loin et ce n’est pas loin… mais ça reste quand même des objectifs pour chaque joueur qui joue en Top 14 », disait-il à l’AFP en août dernier, alors en convalescence après une opération aux ischio-jambiers.
« Humilité et rayonnement »
De retour sur les terrains en décembre, appelé avec les Bleus pour le Tournoi 2026, il n’avait pas pu se présenter à Marcoussis lundi. Prévu comme titulaire dimanche contre Clermont, il avait dû déclarer forfait lors de l’échauffement, se plaignant d’une douleur à la poitrine.
Les examens médicaux réalisés mardi « ont confirmé un accident cardiaque. Son état est aujourd’hui stable et il demeure sous surveillance, en soins intensifs », a annoncé mercredi matin son club de La Rochelle.
« Sportivement, c’est un des meilleurs piliers aujourd’hui, voire le meilleur. Humainement, c’est quelqu’un d’incroyable. »
« À l’issue de son hospitalisation, Uini devra observer une longue période de convalescence. Il est désormais établi qu’il ne pourra pas poursuivre sa carrière de joueur », a annoncé La Rochelle, où le pilier avait commencé sa reconversion durant son absence des terrains en 2025 en prenant le rôle de consultant de la mêlée.
« Uini est une personne magnifique et qui comptait vraiment aussi bien en tant que joueur mais en tant qu’homme dans le groupe », a souligné l’entraîneur des avants du XV de France William Servat, en marge de l’entraînement. « Arrêter sa carrière comme ça c’est triste, pour le joueur qu’il a été, pour tous les services qu’il a rendus, que ce soit pour son club ou pour le XV de France », a regretté Mickaël Guillard.
« En Bleu, comme sous le maillot du Stade Rochelais, Uini Atonio a été – et reste – un pilier au sens large », a rendu hommage mercredi la Ligue nationale de rugby, soulignant « sa stature, son humilité et son rayonnement ».
« Ce qu’il dit a beaucoup de poids, parce qu’il peut se mettre au niveau des joueurs, leur montrer concrètement. Beaucoup de choses relèvent du ressenti : le savoir, c’est une chose, mais tant que tu ne descends pas sur le terrain, que tu ne ressens pas et que tu ne montres pas pendant que tu es encore physiquement capable de le faire, ce n’est pas pareil », appréciait auprès de l’AFP mi-janvier l’entraîneur des avants de La Rochelle, Donnacha Ryan.
La carrière d’Atonio n’a toutefois pas été linéaire. Si sa première sélection remonte à 2014, sous le sélectionneur Philippe Saint-André, il a manqué la Coupe du Monde de Rugby 2019 au Japon avant de revenir en force en 2020 et de s’imposer comme titulaire indiscutable, après l’éphémère Coupe d’automne des nations 2020.
« Sportivement, c’est un des meilleurs piliers aujourd’hui, voire le meilleur. Humainement, c’est quelqu’un d’incroyable. Il a toujours un mot pour faire rire, pour mettre la bonne ambiance. Il est indispensable à l’équipe », assurait en 2023 le centre international du Racing 92, Gaël Fickou.
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