Bourdon-Sansus veut du neuf avec Ratier : « On a dit qu'on oubliait ce qu'il s'est passé avant lui »
Le XV de France féminin s’apprête à entamer l’ère François Ratier en espérant franchir un cap et rattraper son retard sur l’Angleterre. Cadre des Bleues depuis des années déjà, la demi de mêlée Pauline Bourdon fera partie du projet.
Lors du premier stage de la saison à Blagnac début février, quatre mois après la décevante quatrième place obtenue lors de la Coupe du monde en Angleterre, la Toulousaine (30 ans, 71 sélections) s’est projetée auprès de l’AFP sur les quatre ans à venir jusqu’à la Coupe du monde 2029 en Australie.
Comment voyez-vous la régénération de l’effectif opérée lors du premier rassemblement ?
On avait aussi besoin de ça. C’est un nouveau cycle. Toutes les petites jeunes nous amènent énormément de fraîcheur. Ça va nous faire du bien à nous aussi, les cadres, d’avoir du renouveau. Le nouveau staff est arrivé pour la prochaine échéance, la Coupe du Monde. On a des nouvelles têtes, des nouveaux visages. On voit vraiment qu’il y a un nouveau cycle qui démarre. On est au tout début, il faut apprendre très vite. On n’a pas beaucoup de temps parce que le Tournoi va arriver vite. En tout cas, il y a énormément d’envie, énormément de fraîcheur de la part de toutes les filles.
Comment se traduit ce nouveau départ de la part du staff, qui a pris ses fonctions cet hiver ?
Il n’y a pas le même projet de jeu, il y a un autre discours aussi. Tout ça permet du renouveau. François (Ratier, ndlr) essaie de prendre plus de recul et on a Gérald (Bastide, entraîneur des arrières) et Florent (Wieczorek, entraîneur des avants) qui sont sur le terrain. Donc c’est une nouvelle façon de manager, on a hâte de découvrir.
Comment s’est passée la prise de contact entre le nouveau sélectionneur et les cadres ?
Quand François est venu dans les clubs, on a vraiment dit qu’on voulait partir sur un nouveau cycle, qu’on oubliait ce qui s’était passé avant. Lui, il allait nous emmener vers autre chose aussi, avec une nouvelle philosophie de jeu, pour jouer un peu plus. On a vraiment tiré un trait sur ce qui s’est passé avant et on démarre vraiment un nouveau cycle, avec des nouvelles joueuses. Il nous tarde vraiment de commencer pour voir où on en est et si le projet qu’on va mettre en place nous plaît.
« Notre but avec Manae Feleu, c’est d’accompagner au maximum les générations qui vont arriver »
Avec seize joueuses appelées sans la moindre sélection, sentez-vous la responsabilité d’endosser un rôle de leader ?
Dans les discussions avec François, il essaie vachement de nous impliquer, nous les leaders. Donc forcément, il va falloir accompagner les filles. Notre but avec Manae (Feleu, la capitaine), c’est d’accompagner au maximum les générations qui vont arriver et qu’elles soient assez à l’aise avec nous en-dehors et sur le terrain.
Les plus jeunes sont demandeuses de conseils de cadres comme vous ?
C’est vrai que les filles nous regardent beaucoup parce qu’elles veulent un repère dans l’équipe, elles viennent assez naturellement vers nous. J’ai la chance d’être beaucoup avec les filles de Toulouse, j’y ai déjà ce rôle, j’essaye de les accompagner. Mais c’est vrai qu’elles posent des questions, elles osent. On leur dit que dès qu’elles sont sur le terrain, il faut qu’elles tentent des choses et qu’elles n’ont rien à perdre, feu ! C’est en osant les choses qu’on fait de grandes choses, et j’espère qu’elles vont oser.
Dans cette année post-Mondial, sentez-vous un engouement plus fort pour le rugby féminin ?
Totalement. On voit qu’il y a plus de monde dans les stades, on le voit dans notre championnat. À Toulouse, on voit qu’on arrive facilement à avoir plus de monde. On veut que ça aille plus vite forcément mais après, c’est nos résultats qui vont permettre d’intéresser encore plus les gens. En Angleterre, le fait qu’elles soient championnes du monde a mis un engouement énorme, à nous de faire des grosses performances pour amener beaucoup plus de monde avec nous.
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